Édito - Le PSG ne va pas plus vite que la musique


Les Parisiens doivent encore apprendre
Édito - Le PSG ne va pas plus vite que la musique

Chaque année, au Paris Saint-Germain, ce sont les mêmes chansons. D'abord, celle de la Ligue des Champions, qui donne des frissons à tous les amoureux du football, puis celle des regrets et des "on fera mieux l'année prochaine"...

Lors de la première épopée européenne de l’ère QSI entre 2012 et 2013, Paris est sorti la tête haute devant le FC Barcelone (3-3 au cumulé) de Lionel Messi, Dani Alves, ou encore David Villa. Sans perdre aucun des deux matchs, le jeune Marco Verratti, qui est l’un des seuls encore au club aujourd’hui (avec Pastore, T.Silva et Motta), s’attendait sûrement à des jours beaucoup plus heureux à l’avenir, mais Chelsea (1/4 de finale), City (1/4), Barcelone (1/4 et 1/8) ou le Real Madrid (1/8), hier soir, ont freiné les rêves du club de la capitale. Au fil du temps, plusieurs fausses notes ont été décelées par les observateurs et les supporters : une absence de banc, un Parc des Princes sans âme, ou la malchance des tirages. On a aussi pointé du doigt le manque de leadership de Zlatan Ibrahimovic, mais depuis deux ans, le Suédois ne fait plus partie de la bande. Enfin, l’entraîneur, évidemment, a lui aussi été pointé du doigt mais ni Laurent Blanc, ni Unai Emery n’ont su être LE chef d’orchestre capable d’emmener les artistes parisiens au sommet de leur art.

Alors que le PSG avait tutoyé ce qui se faisait de mieux en Europe le 14 février 2017, au match aller face au Barça (victoire 4-0), les Parisiens ont eu beaucoup de mal à encaisser le revers de la médaille et cette fameuse remontada (défaite 6-1). Un an plus tard, Paris avait une nouvelle tournée à préparer mais tout ne s’est pas passé comme prévu, et ce dès la défaite au match aller 3-1 au Stade Bernabeu. Puis, la sortie de Neymar en pleurs sur une civière face à l’OM a diminué encore un peu plus les chances de qualification du PSG. Mais tout le monde rêvait encore d’un exploit, comme en 1993, bien aidé par la communication, abusive selon certains, du club…

Hier, le Parc des Princes a logiquement revêtu sa plus belle tenue, et l’ambiance était au rendez-vous entre les chants, les tambours et un sublime tifo. Mais sur le terrain, les joueurs n’ont jamais su trouver la bonne intonation, et ont enchainé les bémols sans jamais jouer dans le bon tempo. Dépassés par la grandeur de l’événement, qui les projetait sur le devant de la scène européenne, les Franciliens sont rapidement redescendus sur terre face aux virtuoses madrilènes, beaucoup plus expérimentés. Cristiano Ronaldo a d’abord donné le « la » de cette soirée cauchemardesque, avant que Casemiro n’assène le coup de grâce et ne douche les espoirs du peuple rouge-et-bleu. Alors que l’équipe parisienne n’a jamais été aussi forte individuellement (Neymar, Mbappé, Cavani, Di Maria, Draxler…), cette élimination est l’une des plus logiques, tant les locaux étaient loin du compte lors de la double confrontation. L’individualisme a primé sur le collectif, et aucun soliste n’a su exprimer tout son potentiel. Malgré tout, le PSG ne « marchera jamais seul » dans cette nouvelle épreuve difficile, puisque l’union sacrée, entre les fervents supporters du CUP et le club francilien, était (enfin) de retour pour le plus grand plaisir de nos yeux. Et elle est là, la seule victoire du PSG hier.

Ce mercredi, tout Paris a le blues en se levant avec une gueule de bois. Amers, tristes, déçus voire abattus, les supporters retrouveront leur calme avant de retourner, par amour, encourager leurs joueurs dès ce week-end en Ligue 1. Forcément, la mélodie sera moins belle, et les joueurs devront rapidement se re-mobiliser pour conclure leur année d’une belle manière et ainsi éviter que le disque s’enraye… D’ici cet été, des décisions seront prises, tant en interne que dans l’effectif, et cette défaite permettra de tirer quelques traits sur le passé parisien. Dès le mois d’août, l’engouement parisien reprendra le dessus sur les déceptions des années précédentes, et la capitale recommencera à croire à une victoire finale en Ligue des Champions.

Il faudra donc quelques jours, semaines ou mois pour que les c(h)oeurs parisiens encaissent cette élimination, mais elle devra surtout être constructive. « On apprend toujours d’une défaite », comme on l’entend très souvent. Mais les Parisiens devraient aussi comprendre qu’ « avant tout, les artistes sont des hommes qui veulent devenir inhumains » (Apollinaire). Et Paris a encore besoin de temps pour grandir et enfin devenir un monstre européen…

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