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Dimanche 7 Juin

Allemagne - Comment les joueurs ont vécu la reprise de la Bundesliga

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Allemagne - Comment les joueurs ont vécu la reprise de la Bundesliga
La Bundesliga a repris ce week-end 26E JOURNéE BUNDESLIGA

Premier grand championnat à reprendre les chemins de la compétition, la Bundesliga a été très observée ce week-end. Si le huis clos a été difficile à appréhender, certains affichent leur bonheur de retrouver les terrains, comme le patron du Bayern Munich.

Depuis samedi, les fans de foot ont pu renouer avec le football. Et les rediffusions d'ex-matchs sont désormais de l'histoire ancienne puisque la Bundesliga a fait son retour sur nos écrans. Dans des conditions sanitaires ultra-drastiques, la reprise s'est effectuée sans encombre, même si les organismes des joueurs ne sont pas encore au top de leurs formes. Mais forcément, le monde entier était tourné vers l'Allemagne, qui a été la première grosse ligue à retrouver le chemin de la compétition.

Dortmund connaissait déjà le huis clos, pas Schalke

Lucien Favre, l'entraîneur de Dortmund, a participé au multiplex de reprise et a vu ses hommes l'emporter 4-0 face à Schalke, dans un derby de la Ruhr clairement en-deçà des espérances : "Notre public nous manque beaucoup. Il n'y a aucun bruit, tu tires au but, tu fais une super passe, tu marques, et rien ne se passe, c'est très très bizarre", a-t-il déclaré après le match. Pour rappel, c'est la première fois de l'histoire de Dortmund qu'un match est joué à huis clos au Signal Iduna Park. "C'était un match très différent de d'habitude, c'est difficile de juger si c'était un bon match. J'ai eu l'impression que ce n'était pas aussi engagé que ce qu'on avait prévu".

Très en jambe d'un point de vue personnel, Julian Brandt, le milieu offensif du BvB, estime que Dortmund était mieux préparé que son rival, notamment grâce au match à huis clos disputé au Parc des Princes face au PSG au mois de mars. "Nous avions un petit avantage, on avait déjà joué à huis clos à Paris et on connaissait cette impression de silence dans le stade. Evidemment, on aurait préféré des conditions normales, mais à la fin, le foot reste le foot et on essaie de prendre du plaisir". David Wagner, l'entraîneur de Schalke, a bien confirmé que cette atmosphère était "très étrange". "C'est toujours désagréable de perdre un derby et c'est encore le cas après cette défaite. L'atmosphère était très étrange. C'était un match très différent de ceux que nous avons l'habitude de jouer".

Les rituels d'avant-match totalement chamboulés

Interrogé par nos confrères de FranceTV, Jonathan Schmid, attaquant français de Fribourg, a dévoilé les coulisses de ce match de reprise. On apprend notamment que les titulaires et les remplaçants n'étaient pas dans le même vestiaire... “Les titulaires, on était dans un vestiaire, les remplaçants dans un autre, et entre chaque joueur il y a une paroi de plexiglas. Chacun avait aussi sa gourde numérotée. C’est bizarre tout ça. Le foot c’est collectif, de ne pas avoir les remplaçants dans le même vestiaire c’est étrange. Comme le fait de ne pas pouvoir faire de cri de guerre avant le match, ou de tous se prendre par les épaules pour se motiver”. Pendant les rencontres, ces mêmes remplaçants sont d'ailleurs positionnés à un mètre l'un de l'autre, masques sur les visages. Le rituel d'avant-match a, aussi, été chamboulé. "J’aime bien les quelques minutes où l’on se retrouve dans le tunnel pour entrer sur le terrain, mais là c’est une équipe après l’autre. On n’a pas pu regarder les adversaires dans le tunnel comme d’habitude. C’est quelque chose que j’apprécie, avant le match, de les regarder, d’essayer de leur faire peur".

Pour Thomas Müller, titulaire face à l'Union Berlin avec le Bayern (victoire 2-0), l'ambiance et l'intensité du match étaient comparables à un match de pré-saison. "Il y avait évidemment un peu d'excitation avant le match, parce que c'est quelque chose de nouveau qui commence, un peu comme un premier match de la saison en août, mais nous n'étions pas nerveux, nous savions exactement quelles seraient les conditions de jeu". Là-encore, les règles instaurées par la Ligue ont quelque peu bousculé les habitudes des Bavarois. "Tant que la balle roule, on doit se concentrer sur l'aspect sportif. Lorsqu'on marque un but, la première impulsion est d'aller les uns vers les autres, et quand on le fait, d'un seul coup, ah... non. Mais nous sommes testés, nous nous protégeons, nous gardons les distances dans le car, à l'hôtel, pour éviter les risques d'infection, et nous devons aussi faire attention à ça sur le terrain. On essaye autant que possible d'éviter ces gestes qu'on ne doit pas faire. Nous sommes sous surveillance, plus que le reste de l'Allemagne, et nous respectons cette discipline".

L'affaire Dedrick Boyata, seule ombre au tableau

Alors que le week-end s'est globalement bien passé sur le terrain, Dedrick Boyata, le défenseur du Hertha Berlin, a commis un petit écart qui fait beaucoup parler. Après le but de l'un de ses coéquipiers, le Belge s'est rapproché de son coéquipier Marko Grujic, et l'aurait embrassé. Un geste d'ordinaire banal, mais qui est à bannir durant cette période spéciale. Si ce geste a fait beaucoup parler, il a tenu à présenter ses excuses sur Instagram "pour avoir mis ses mains sur le visage" de son coéquipier. "Ce n'était pas une bise, ni une célébration. Je m'excuse pour avoir mis mes mains sur le visage de Marko Grujic. Je lui donnais des instructions sur une phase. Nous devons absolument être prudents maintenant que nous jouons dans cette situation. Nous devons adapter notre façon de jouer ou de faire la fête". Le joueur ne sera pas sanctionné pour cet écart de concentration. À l'inverse, beaucoup d'équipes ont préféré apporter une pointe d'humour lors des célébrations de but, à l'image des joueurs du Borussia Dortmund qui se sont volontairement écartés de plusieurs mètres.

Mais la Bundesliga a repris et a surtout prouvé qu'il était possible de disputer des matchs dans ces conditions. De quoi rendre heureux Karl-Heinz Rummenigg, le patron du Bayern : "La Ligue a fait un travail exceptionnel du point de vue médical et organisationnel. Nous en sommes satisfaits et heureux mais nous ne devons pas nous relâcher. Il faudra continuer à l’avenir à suivre scrupuleusement les consignes des pouvoirs publics". De bonne augure pour la suite ?