Arrivé durant l'été 2010, après le fiasco sud-africain de Knysna, Laurent Blanc avait attaqué une opération reconquête complexe auprès du public français. Aujourd'hui, le sélectionneur tricolore a qualifié les Bleus pour l'Euro 2012 et peut se vanter d'un bilan de dix-sept matchs consécutifs sans défaite, série en cours. Peut-être pas encore suffisant pour le Cévenol afin de séduire un public hexagonal des plus exigeants.
"Il y a certains épisodes qu'on ne peut effacer d'un coup de baguette magique, concède-t-il ce mercredi. On ressent tout ça. C'est vrai qu'on voudrait avoir une équipe de France conquérante, qui joue bien et que tout le monde s'identifie à elle. J'espère que ce sera le cas. Ça l'a été par le passé. Les stigmates de 2010 seront présents pour longtemps. Ça passe par de bons résultats. Et à ce niveau-là, je suis désolé, mais 2011 a été une très bonne année. Quand on a 17 matches sans défaite, certes avec des matches amicaux, c'est une bonne série. Mais les gens ne sont pas satisfaits et depuis 2010, ils vont être très exigeants avec l'équipe de France. Et ils ont peut-être raison."
Autre sujet sensible, sa collaboration avec Noël Le Graët. Un non-sujet pur et simple pour le sélectionneur tricolore. "Il faut rétablir l'ordre. Quand il y aura des polémiques, vous le saurez aussi bien que nous. Vous avez décidé qu'avec M. Le Graët, on allait être en opposition parce qu'il a un fort caractère. Et certainement je dois aussi avoir un caractère fort. On le sera peut-être, je n'en sais rien, mais pour l'instant, puisqu'on ne l'est pas, on le dit."
Blanc est également revenu ce mercredi sur le cas Karim Benzema. Mis en examen en juillet 2010 dans le cadre de l'affaire Zahia, le madrilène a tout de même été sélectionné en équipe de France, permettant du même coup de la qualifier pour la phase finale ukraino-polonaise en juin prochain. "Si j'avais écouté certaines personnes, Karim n'aurait pas été sélectionné puisqu'il était mis en examen dans une affaire privée. Si j'avais écouté certaines personnes, malheureusement, on aurait vu un joueur français marquer des buts avec le Real et par une décision qui n'aurait pas été la mienne, on n'aurait pas pu le sélectionner. Peut-être même qu'on ne se serait pas qualifiés pour l'Euro."
G.B,
MadeInFOOT.com