à la une
Mercredi 5 Aout

CDF - Mohamed Ouadah avant Bastia-Borgo - ASSE : "C'est un très bon moment pour se montrer" (exclu Madein)

Commentaire(s)
CDF - Mohamed Ouadah avant Bastia-Borgo - ASSE : 'C'est un très bon moment pour se montrer' (exclu Madein)
Mohamed Ouadah présente le Bastia-Borgo 32ES CDF

Pour Mohamed Ouadah (25 ans, Bastia-Borgo), l'année 2020 commence très bien. En effet, le milieu gauche, arrivé cet été après un long passage à Oissel (National 3 puis National 2) se prépare à affronter l’AS Saint-Etienne dans le cadre des 32es de finale de Coupe de France. Avec le club corse, promu cette année en National, le franco-algérien continue sa belle ascension, après avoir évolué en National 3 il y a deux ans, puis en National 2 la saison passée. Cette année, il joue le maintien avec le FCBB et s’offre une parenthèse dorée contre les Verts ce dimanche. Et forcément, cette affiche est une aubaine, à la fois pour le club de troisième division, mais aussi pour lui, afin de montrer toutes ses qualités…


MadeInFOOT : Quand on arrive à ce stade de la compétition, avec plusieurs clubs de L1 dans son groupe, l’objectif du tirage est-il de tomber sur une Ligue 1 ?
Mohamed Ouadah : "On avait ça dans la tête, je ne vais pas le cacher. On voulait tirer un club de Ligue 1 même si pour nous la Coupe ce n’est pas notre objectif. On est vraiment focalisé sur le championnat. Du coup dès qu’on a vu qu’on a tiré Sainté, un grand club de Ligue 1, on était tous content".

Comment imaginez vous l’ambiance ce dimanche ? Vous attendez-vous à être portés par le public ?
"Ça va être une belle fête, il va y avoir du monde, c’est bien. Je le sens par rapport aux réseaux sociaux. Ça fait un peu de bruit. On espère avoir beaucoup de supporters pour voir le match dimanche, ça nous motivera".

Le match sera également diffusé sur les antennes régionales de France 3. Ça rajoute encore un peu plus de pression…
"C’est une super pression, on ne va pas se mentir. C’est aussi une petite fierté que notre famille puisse nous voir à la télévision. Ça ne peut que nous motiver".

La préparation a-telle été faite plus tôt pour préparer la rencontre ?
"On a repris samedi dernier (28 décembre). C’était déjà prévu avant le tirage. Pour tout vous dire, on aurait pu avoir deux jours de plus si on avait pris 4 points sur les deux derniers matchs de National. La reprise a été vraiment programmée avant le tirage".

Sur l’aspect mental, il n’y a pas de préparation à effectuer…
"C’est clair ! On n’a pas besoin de préparation car on va jouer une Ligue 1, dans un grand stade, à Furiani. On ne peut qu’avoir le couteau entre les dents ! On va être à 200% !"

Cette pression, qui est plutôt nouvelle pour le Bastia-Borgo, n’est-elle pas difficile à gérer ?
"Franchement, c’est une bonne pression, c’est un bon match à jouer. Tout le monde aimerait jouer ce genre de match. Je ne sais pas si des joueurs de l’équipe ont déjà joué des équipes de Ligue 1, mais moi personnellement jamais. Ce n’est que du positif pour nous".

D’un point de vue personnel, vous avez déjà croisé le fer avec des équipes professionnelles les années précédentes…
"Oui, j’ai déjà affronté Metz ou encore le Paris FC (L2) ces dernières saisons mais là, c’est encore au-dessus. La différence, tu la vois vraiment sur la qualité technique, l’intensité dans les duels. C’est là qu’on sent l’écart".

Comment décrire cette équipe de Bastia (13ème du championnat, 3 victoires, 7 nuls, 7 défaites) ?
"On est une équipe combative, qui ne lâche rien. On essaie de produire du jeu et de jouer au ballon".

Vous évoluez sur le côté gauche du 4-4-2 avec, devant vous, Cedric Odzoumo (13 matchs, 3 buts) Il est votre point d’appui en attaque.
"C’est notre attaquant, c’est celui dont on a besoin car il arrive à récupérer les ballons devant. Quelle équipe n’aimerait pas avoir un attaquant sur lequel s’appuyer ? Il va nous servir pour faire reculer le bloc. Ce n’est pas un feignant, il fait des courses pour fatiguer les défenseurs".

Peut-on voir votre groupe comme un mélange d’expérience et de jeunesse ?
"On a de tout oui. Il y a des joueurs qui ont joué au niveau au-dessus, des joueurs qui ont plusieurs années de Ligue 2. Tu as aussi des petits jeunes qui rentrent dans le bain, qui sont prêtés par des équipes pros et qui essaient de s’aguerrir pour aller voir plus haut encore".

Il y a eu onze transferts cet été, dont le votre, pour préparer cette montée en National. Les débuts ont été un peu difficiles pour tout le monde…
"Le coach a essayé de garder la majeure partie de son effectif qui a fait la montée et il a essayé de ramener des joueurs qui peuvent amener un plus à son équipe. Comme tout entraîneur, il a essayé de trouver la meilleure formule pour que ça marche".

La préparation du match face à Saint-Etienne est-elle différente des autres matchs de National ?
"On bosse vraiment sur nous et pas sur l’adversaire pour l’instant. Au fur et à mesure de la semaine, on va aborder l’adversaire mais pour l’instant on s’occupe de nous, de bosser nos automatismes, notre bloc".

La Coupe de France est, vraiment, un match bonus…
"Comme dit précédemment, l’objectif principal du club est le championnat. On en a encore discuté cette semaine. Ce match-là est vraiment un plus. Si on est amené à gagner tant mieux, mais si on perd, c’est normal…"

N’est-ce pas frustrant de partir perdant avant le match ?
"Personnellement je sais, et les joueurs dans leur globalité savent qu’il y a quelque chose à faire. En un match, tout peut se passer. Mais on a tous un discours dans la tête : « Si on fait un bon parcours en Coupe de France, qu’on passe Saint-Etienne mais qu’on descend en National 2 à l’issue de la saison… Ce sera une année de merde (syc) ». Ce serait une catastrophe. Le club espère rester à ce niveau et même pour les joueurs qui aspirent à aller plus haut".

Pour des joueurs de National, est-ce un bon moment pour se montrer ?
"C’est un plus pour les joueurs. La Coupe de France, c’est limite pour les joueurs et pas pour le club. C’est une compétition qui va mettre en lumière les joueurs amateurs. C’est à ce moment-là que les joueurs amateurs peuvent briller. C’est un très bon moment pour se montrer…"

Il peut y avoir aussi une mauvaise pression, avec l’envie de trop en faire et de mettre sa personne avant le groupe…
"Si un joueur veut briller, il doit penser collectif. Personne n’est Messi, que ce soit à Borgo ou à Saint-Etienne. Il n’y a pas un mec qui va prendre le ballon, faire tomber tout le monde et marquer. Si le mec veut être bon, il doit être bon dans le collectif. Et grâce au collectif, il arrivera à se montrer. Les deux sont liés. Nous, ce qu’on veut, c’est montrer à tout le monde qu’on est une belle équipe. On ne veut pas être ridicule. Même s’il y a un niveau d’écart entre nous, on veut montrer qu’on peut faire quelque chose".

D’un point de vue personnel, vous avez découvert le championnat National cette saison. L’intégration a-t-elle été délicate ?
"Ça a été dur en préparation, pendant les deux ou trois premières semaines. Je me suis blessé, c’était la première fois que je faisais une vraie préparation physique. J’ai eu un peu de mal à me mettre dedans. Mais une fois que le championnat a commencé, je me suis senti bien, je n’ai pas eu de difficulté à m’adapter. Maintenant ça fait trois ans que je monte d’un niveau et j’arrive à m’adapter à chaque fois. J’espère continuer".

Avec 4 buts et 3 passes décisives en 16 rencontres, vous êtes le Bastiais le plus décisif de cette première partie de saison.
"Pour l’instant, je suis le joueur le plus décisif mais ça reste un collectif. Les équipes commencent à me connaître en National, elles savent que je peux créer des décalages. Ça devient un peu plus compliqué pour moi".

Pensez-vous que certains clubs professionnels sous-estiment les clubs amateurs en Coupe de France ?
"Beaucoup de clubs ont fait cette erreur-là de sous-estimer l’adversaire. On l’a vu au tour précédent où une Régionale 3 (Hombourg-Haut, 8ème division nationale ndlr) a sorti une Ligue 2 (Auxerre). Ils sont venus en dilettante, ils se sont dit : « C’est une R3, on va les sortir ». Mais encore une fois, le foot n’est pas une science exacte. Si tu ne mets pas tout ce qu’il faut pour gagner un match, tu ne le gagneras pas".