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Samedi 24 Octobre

Coronavirus - L'Angleterre révoltée par la polémique sur la baisse des salaires en Premier League

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Coronavirus - L'Angleterre révoltée par la polémique sur la baisse des salaires en Premier League
Une polémique sur la baisse des salaires fait rage en Angleterre.

Alors qu'une baisse du salaire des joueurs a été instaurée dans la plupart des grands championnats, en Premier League, ce sont non pas les joueurs, mais les salariés des clubs qui ont vu leurs revenus diminuer. De quoi susciter une vague de colère et l’intervention du monde politique britannique.

Newcastle a été le premier club de Premier League à se mettre en chômage partiel, et ainsi se servir au passage, d'une aide de l’Etat face à la situation de crise. Mais un détail a particulièrement choqué l’opinion publique. En effet, la baisse des salaires qui sera induite par le chômage, concerne tous les employés du club, à l’exception des joueurs. C’est également le cas notamment à Tottenham, Bournemouth et Norwich qui, pour le moment, versent l’intégralité du salaire à leurs joueurs. Pour rappel, le syndicat des joueurs de Premier League (PFA) avait contesté un gel du salaire des joueurs ainsi que leur diminution, considérant qu’"en tant qu'entreprises, si les clubs peuvent se permettre de payer leurs joueurs et leur personnel, ils le devraient. (…) Le syndicat doit d’abord vérifier et s’assurer des difficultés financières de l’employeur avant de pouvoir décider d’une baisse ou d’un report".

Une décision qui a indigné les Anglais, et notamment les supporters, à l’image de ceux de Tottenham qui réclament dans l’immédiat une baisse de revenus de leurs joueurs. Ils expliquent dans un communiqué "ce qui a le plus affecté les fans, qui se soucient que leur club fasse la bonne chose, c'est qu'une organisation perçue comme très riche coupe les salaires du personnel et demande l'aide du gouvernement, tandis que les personnes les mieux rémunérées sous sa tutelle maintiennent leurs revenus". Une incompréhension liée également au fait que la Premier League est le championnat le plus riche d’Europe, mais l’un des seuls à ne pas demander à ses joueurs de contribution.

Le gouvernement s'immisce dans le débat

Cette vague de mécontentement a suscité l’intervention du monde politique. Le ministre de la Santé britannique, Matt Hannock, a affirmé fermement qu'"étant donné les sacrifices que de nombreuses personnes sont en train de faire, la première chose que les joueurs de Premier League peuvent faire c’est de contribuer". Julian Knight, membre du Parlement, monte au créneau et menace les clubs qui auraient tendance à profiter de l’aide de l’Etat et de faire des économies sur le salaire des moins rémunérés. Il avertit que "les clubs qui licencient du personnel non-joueur mais qui n'imposent pas de réduction sur les salaires des joueurs devraient être soumis à une taxe exceptionnelle s'ils ne changent pas d'approche d'ici mardi 7 avril." La BBC dévoile qu’il s’est lui-même adressé par courrier à Richard Masters, le chef de la direction de la Premier League, en lui demandant de préconiser une baisse générale des salaires.

Prévenus, les clubs semblent avoir entendu les réclamations. SkySports annonce qu’une réunion devrait se tenir aujourd’hui entre les dirigeants et les actionnaires de la Premier League, durant laquelle une potentielle baisse de 25% sur les revenus des joueurs sera à l’étude. Nos confrères précisent que plusieurs options seront envisagées et que ce meeting fait suite aux déclarations des figures politiques britanniques. La masse salariale des joueurs de Premier League représente un montant faramineux que le Financial Times estime à près de 3,5 milliards d’euros. Une somme que les clubs auront du mal à financer surtout en cas de pertes liées aux droits Tv. Face au gouffre financier engendré par la crise, et aux divers mouvements de colère, les acteurs de la Premier League pourraient bientôt revenir sur leurs positions.