Disparition Sala - Kita sort du silence

Commentaire(s)
Disparition Sala - Kita sort du silence
Waldemar Kita s'est exprimé au sujet de l'affaire Sala. DISPARITION SALA

Quatre mois après la disparition d'Emiliano Sala dans un accident d'avion, Waldemar Kita s'est longuement exprimé au sujet de cette tragique affaire.

La plaie est toujours béante dans le coeur de ses proches. Dans le cadre d'un documentaire réalisé par L'Equipe, la famille Sala, des amis ou des acteurs du football ont pris la parole pour tenter d'apporter un peu de lumière dans une affaire qui garde des zones d'ombres, même des mois après les faits. Dans cette histoire, le clan argentin ne parvient pas à digérer le comportement des dirigeants nantais vis à vis du transfert du joueur vers Cardiff, alors que ce dernier n'était pas emballé à l'idée de rejoindre le Pays de Galles, en témoigne le message vocal d'Emiliano Sala, divulgué pour la première fois par nos confrères. "Hier soir, j'ai envoyé un message à Meïssa (son agent), il m'a appelé quelques heures plus tard. On a discuté et il m'a raconté qu'il avait parlé à Franck Kita. Eux (les dirigeants nantais) veulent me vendre. Il y a l'offre de Cardiff. Ils ont négocié pour gagner beaucoup d'argent. Donc ils veulent absolument que je parte là-bas. C'est vrai que c'est un bon contrat mais sportivement ce n'est pas intéressant pour moi."

Dans ce message, l'ancien avant-centre nantais ne s'arrête pas là. Très remonté contre sa direction, et surtout son président, il se lâche : "Meïssa, il a dit non à Cardiff car il ne veut pas que j'aille là-bas. Il pense au sportif. Mais moi, j'en ai marre de ça. Je m'en fous d'être en position de force. C'est vrai que j'aimerais trouver quelque chose d'intéressant au niveau contractuel et sportif mais, parfois, tu ne peux pas avoir les deux [...] D'un autre côté, je ne veux pas parler avec Kita, je n'ai pas envie de m'énerver, c'est une personne qui me dégoûte quand elle est en face de moi. Lui, aujourd'hui, il veut me vendre à Cardiff car il va rentrer l'argent qu'il veut. Il ne m'a même pas demandé (mon avis), il ne s'intéresse qu'à l'argent". En témoigne ces propos, la relation entre les deux hommes était fraîche. Si par la suite, Sala a affirmé à des proches qu'il était finalement heureux de son choix et de l'accueil qu'il a reçu à Cardiff, l'absence de considération de Waldemar Kita à son égard l'a définitivement marquée. Or, depuis cette disparition tragique, beaucoup d'encre a coulé et le président des Canaries n'a pas été épargné. Aujourd'hui, il répond.

"Je ne veux même pas de cet argent"

Avant toute chose, il affirme ne pas comprendre la haine dont il est la cible. "Je suis un peu surpris de cette haine à mon égard. Surpris et déçu car je me comporte du mieux possible avec les gens". Il continue en avouant avoir consenti à une baisse de sa demande au niveau du montant du transfert afin que le joueur et son agent bénéficient d'une prime. "En même temps, en tant que dirigeant, je dois aussi accepter une vision différente de la mienne. Mais ces critiques sont très dures car ce n’est pas du tout moi. (...) Au départ, le transfert était à 20 millions d’euros, on a baissé notre prix pour, visiblement, que Emiliano et son agent touchent une prime à la signature". D'ailleurs, sur le plan économique, l'avarice de Waldemar Kita a été pointée du doigt. Il a tenu à se défendre.

S'il était prêt à augmenter le salaire de son attaquant, il ne pouvait s'aligner sur la proposition de salaire de Cardiff (300.000€ mensuels) et affirme qu'Emiliano Sala "était très content (de partir), il l’a dit à tout le monde quand il est revenu au club". Si aujourd'hui Nantes s'est engagé dans un long combat avec Cardiff devant la FIFA afin de recevoir l'argent du transfert, c'est simplement pour pouvoir payer son dû à Bordeaux qui doit percevoir une somme du transfert, d'après les dires du président du FCN. "Je ne veux même pas de cet argent et peut-être que je ne le toucherai jamais. Mais n’oubliez pas qu’il y a un club, Bordeaux, qui doit toucher la moitié du transfert et qui suit l’affaire. On doit le rémunérer, ainsi que les agents. (...) Gagner de l’argent sur quelqu’un qui est décédé, cela ne m’intéresse pas. Nantes ne peut pas être responsable. (...) Je veux bien tout prendre. Mais quand même..."