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Vendredi 25 Septembre

France - Nicolas Anelka donne sa version des faits sur le fiasco de Knysna !

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France - Nicolas Anelka donne sa version des faits sur le fiasco de Knysna !
Nicolas Anelka nie avoir proféré les insultes relayées dans la presse.

Dans le documentaire de Netflix qui lui est consacré, Nicolas Anelka revient sur le triste épisode de Knysna, qui lui a valu l'arrêt soudain de son aventure sous le maillot Bleu et une rature indélébile sur sa carrière.

Il y a dix ans, le football français vivait la période la plus sombre de son histoire, au sortir d'une Coupe du Monde en Afrique du Sud complètement ratée (élimination dès la phase de poules après deux défaites et un nul) et marquée par des polémiques en tous genres. Une campagne désastreuse qui avait provoqué d'énormes remous et de vives réactions, y compris dans la classe politique, et dont la simple évocation du nom, celui du camp de base des Bleus en Afrique du Sud, "Knysna", fait remonter à la surface des souvenirs qu'on aimerait avoir définitivement enfouis.

Si les Bleus avaient déjà affiché un bien triste visage lors de leur entrée en lice contre l'Uruguay (0-0), l'événement qui a tout déclenché a eu lieu à la mi-temps de leur deuxième match, face au Mexique. Bouillant, Nicolas Anelka s'en était pris à son sélectionneur Raymond Domenech... dans l'intimité du vestiaire, mais pas pour longtemps. Deux jours plus tard, L'Equipe publiait en pleine une les propos qu'aurait tenus l'attaquant : "va te faire enculer, sale fils de pute !" Exclu du rassemblement dans la foulée, avant même le troisième match contre l'Afrique du Sud, Anelka avait ensuite été soutenu d'une drôle de manière par ses coéquipiers, qui avaient décidé de boycotter un entraînement.

Domenech a commis "une grosse erreur" selon Anelka

Très discret dans les médias depuis ce triste épisode, encore plus depuis l'arrêt de sa carrière en 2015, Anelka (41 ans) revient sur ce fiasco dans le documentaire qui lui est consacré par Netflix. Il donne d'abord sa version sur l'épisode dans le vestiaire, à la mi-temps du match face au Mexique (0-0 à la pause, 0-2 score final). "Tout à coup, le coach rentre et il sort mon nom. Quand il sort mon nom, avec toute la frustration qu'il y avait déjà avant, c'est sorti parce que je n'admets pas que tu sortes mon nom comme si j'étais le fautif. Presque l'ennemi public n°1. Comme si c'était de ma faute en fait. Donc moi j'ai senti une agression", confie-t-il, dans des propos retranscrits par RMC. "C'est une très grosse erreur, il doit savoir que la frustration est là. Il doit savoir qu'à l'intérieur, je suis un volcan."

Dans un autre documentaire, paru en 2018, Domenech avait révélé que les propos relayés par L'Equipe n'étaient pas conformes à la réalité. "T'as qu'à la faire ton équipe de merde", lui aurait simplement lancé Anelka en jetant ses chaussures au sol. Cela fait toute la différence pour l'ancien avant-centre des Bleus, qui n'a pas supporté la fameuse une du quotidien sportif. "T'insultes la mère d'un coach, ce n'est pas tous les jours. Là, tu l'as mis en Une. Ils ont été dans l'étape au-dessus. C'est un truc de fou", lâche-t-il. "Les gens qui me connaissent savent très bien que si j'avais dit ce qui est sorti dans la presse, j'aurais assumé (...) Quand tu vois le photomontage, on a presque l'impression que je veux me battre avec lui. Alors qu'il était loin de moi. Moi, je suis assis. Il me parle et je lui réponds. Ça a duré dix secondes (...) Ils se sont permis beaucoup de choses avec moi. Cette Une là, avec des gros mots comme ça, je trouve ça extraordinaire. Ça n'arrivera plus."

Anelka aurait tenté de "recoller les morceaux"

Anelka assure aussi avoir tenté de motiver ses partenaires à terminer le mondial sud-africain avec les honneurs... Ce qu'ils n'ont évidemment pas fait. "Le plus important pour moi, c'était le groupe et de recoller les morceaux pour que les mecs soient focalisés sur la Coupe du monde. Et pas sur ce qu'il s'était passé dans le vestiaire", indique-t-il. "Pat Evra (alors capitaine des Bleus, ndlr) et Eric Abidal appellent le coach. Le coach dit qu'il arrive, on l'attend. Finalement, le coach ne vient jamais." Prévenu par ses coéquipiers de leur volonté de boycotter un entraînement, Anelka admet leur avoir répondu : "vous faites ce que vous voulez"...

C'est donc depuis chez lui que l'ancien prodige du foot français a observé la suite des événements. "Moi, je regardais à la télévision et on m'appelait. C'était extraordinaire. Un film ! Il y a le coach qui est parti parler avec sa lettre, l'autre (Jean-Louis Valentin, directeur délégué de la FFF à l'époque, ndlr) qui dit : 'Je m'en vais', l'autre (Robert Duverne, le préparateur physique, ndlr) qui prend son sifflet et qui veut se battre carrément avec Evra et tout ça devant les caméras. Mais c'est une folie ce truc-là !" Une folie qui, dix ans après, continue de faire parler.