France - Raphaël Varane fait taire les critiques

Commentaire(s)
France - Raphaël Varane fait taire les critiques
Raphaël Varane peut savourer cette Coupe du Monde FRANCE VARANE

Raphaël Varane s'est révélé, en Russie, comme LE défenseur central de l'Équipe de France. L'occasion, pour lui, de montrer aux yeux des Français toutes les qualités déjà visibles du côté du Real Madrid et de revenir sur son statut chez les Bleus.

Il est l'un des piliers défensifs de Didier Deschamps sur cette Coupe du Monde, et l'un des meilleurs joueurs de la compétition. Raphaël Varane (25 ans) a enfin confirmé ses excellentes prestations avec le Real Madrid sous le maillot tricolore en Russie. Le grand espoir de la défense centrale s'est enfin transformé en cadre de l'effectif, et ce dernier savoure cette métamorphose. Fraichement médaillé, l'ancien Lensois a évoqué son Mondial de haute voltige au cours d'un long entretien accordé à L'Équipe.

"Si je me suis déjà senti aussi fort que lors de ce tournoi ? En France, non (sourires). C'est ma plus belle compétition. J'ai réussi à faire sous le maillot bleu ce que je fais depuis quelques années à Madrid" confie Varane. "J'ai 25 ans. En France, on est souvent trop pressés. On ne peut pas demander à quelqu'un de vingt ans d'être un cadre de trente-cinq ans. Quand on arrive tôt comme ça, les attentes sont élevées (...)". Je suis content de pouvoir exprimer mes qualités pleinement, avec mon style de jeu, ma personnalité, ma façon d'être, me montrer tel que je suis. J'arrive à un point où, dans chaque domaine, j'arrive à passer des caps importants".

"On a trop voulu me changer"

Le défenseur madrilène, qui a vécu son absence à l'Euro 2016 pour blessure "comme un deuil", est surtout satisfait qu'on ait enfin accepté sa personnalité telle qu'elle est. Il revient notamment sur les critiques autour de son caractère avant la compétition. "Parfois, on me demandait de jouer comme Ramos, de jouer comme un autre, d'être plus agressif, d'être plus ceci, plus cela. Alors que j'ai mon style de jeu, ça ne m'a trop mal réussi jusqu'à présent (sourires). On a trop voulu me changer. C'est une fierté sur cette Coupe du monde, on m'a, entre guillemets, accepté comme je suis. On ne peut pas me demander d'être un autre."

D'ailleurs, cette volonté de le transformer en Sergio Ramos, son partenaire au Real, "l'énerve" : "Est-ce qu'on demande à Ramos d'être quelqu'un d'autre ? On le prend comme il est, Ramos. Et moi, aujourd'hui, on me prend comme je suis. Depuis que j'ai sept ans, on dit il est gentil, il est gentil, c'est revenu trop de fois. (Son débit s'accélère.) Mais il y a du caractère derrière. Oui, je suis gentil, mais il n'y a pas que ça. On ne peut pas faire la carrière que je fais, rester au Real Madrid sept ans, sans caractère" s'emporte Varane. "Ça n'existe pas ça, ce n'est pas possible. D'un seul coup, là, les gens se sont dit que j'avais montré du caractère, du répondant, mais, vous savez, j'ai connu des galères étant petit, puis en ratant l'Euro 2016, et je suis revenu plus fort".

"On ne peut pas faire la carrière que je fais sans caractère"

Malgré son jeune âge (25 ans), Varane faisait partie des joueurs les plus âgés du groupe France dans cette Coupe du Monde. L'occasion pour lui de s'installer comme un leader dans le vestiaire. "Aujourd'hui, ce caractère là, il s'est vu, mais je l'ai eu depuis toujours. Quand il faut parler, je suis là, quand, il y a des moments durs, je suis là" rétorque-t-il. "Quand à la mi-temps de la finale, il y a beaucoup de pression, avec un groupe jeune, et on a senti de la fébrilité, c'est moi qui dis : ''Les gars, restons positifs, on gagne 2-1, tout va bien. Même si on a pris le bouillon par moments, c'est fini, les 45 premières minutes sont passées.'' Ça, c'est ce que je suis. Quand je vois un défi en face de moi, là, le caractère, il se montre". Et l'Équipe de France va profiter des services et des qualités de Varane encore longtemps.