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Interview - Dylan Louiserre (Niort) : "La Ligue 1 serait un bonheur pour moi" (exclu Madein)

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Le bon début de saison à Niort, le brassard de capitaine, sa formation au Havre, Dylan Louiserre s'est confié à Madein Foot
Le bon début de saison à Niort, le brassard de capitaine, sa formation au Havre, Dylan Louiserre s'est confié à Madein Foot LIGUE 2 EXCLU MADEIN INTERVIEW

À 25 ans, Dylan Louiserre s'affirme comme un des meilleurs milieux de terrain de Ligue 2. Le capitaine des Chamois Niortais n'est pas étranger au bon début de saison de son club sur lequel il revient pour MadeinFoot. Entretien.


MadeInFoot : À la trêve, Niort est troisième avec 17 points et un match en moins. Vous attendiez-vous à un début de saison aussi réussi ?
Dylan Louiserre : "Oui parce qu’on va dire qu’on le recherche vraiment. À chaque match on est là pour gagner et prendre le plus de points possible donc ce n’est pas forcément une surprise pour nous."

C’est un début de saison qui contraste avec l’année dernière où ça a été compliqué pour Niort qui termine 18ème.
"Oui, la saison passée c’était vraiment une saison difficile pour tout le club, les joueurs et le staff. Dès le début, on avait envie de se racheter auprès de nos supporters pour leur montrer vraiment ce qu’on valait. C’est pour ça qu’on a mis tous les ingrédients possibles pour bien débuter."

Justement, quelle est la clé de ce bon début de saison ?
"C’est une rigueur collective. Tout le monde est concerné par le projet. On n’a pas de joueurs qui se perdent dans des projets personnels. On est vraiment là tous les jours pour bosser dur et travailler sur l’aspect tactique, mental et physique. Tout ça pour être au top pendant les matchs."

Dans une Ligue 2 qui semble encore plus homogène que les saisons passées, quels sont les objectifs du club cette saison ?
"Nous on ne se ment pas, on cherche d’abord le maintien parce qu’on sait que par rapport à la saison dernière, il est compliqué à aller chercher. Dans nos têtes, c’est assurer le maintien le plus tôt possible."

Cette saison Niort a aussi accueilli un nouvel entraîneur avec Sébastien Desabre. Qu’est-ce qu’il vous apporte ?
"C’est un coach qui a emmené beaucoup de rigueur en séance et sur les matchs où il ne laisse rien passer. Il veut qu’on soit des bons joueurs surtout sur l’aspect mental. Il ne veut pas de mauvais gestes ou de mauvais comportements, il veut que tous les joueurs soient à fond sur le collectif. C’est ça qui nous permet de faire de bons résultats. À l’entraînement, on travaille beaucoup sur la défense en bloc et l’organisation du pressing pour ensuite placer des attaques rapides. Il aime beaucoup ça et on a pu marquer quelques buts comme ça donc ça a payé."

Mardi, le club a annoncé la nomination d’un nouveau président en la personne d’Eytan Hanouna. Il remplace Guy Cottret resté seulement quelques semaines. Comment vivez-vous ces changements constants en interne ?
"Nous, dans le groupe, on ne se prend pas trop la tête avec ça. On fait confiance aux dirigeants. Je pense qu’ils savent ce qu’ils font. Ce n’est vraiment pas notre préoccupation première. Nous on est là pour tout donner sur le terrain".

"Je dois tirer tout le monde vers le haut"

À titre personnel, tu as pris part à tous les matchs pour un bilan de deux buts inscrits lors du match à Sochaux. Comment te juges-tu ?
"Je pense que je fais un bon début de saison après c’est grâce à l’équipe. Sans le collectif, ça aurait été plus dur de le faire et c’est pareil pour les autres joueurs."

Tu as hérité du brassard de capitaine après le départ de Saturnin Allagbé à Dijon. Comment vis-tu ce nouveau statut ?
"C’est un peu plus de responsabilités vis-à-vis du groupe puisqu’avec le brassard je dois prendre des décisions et tirer tout le monde vers le haut. Après, c’est un rôle que j’avais un peu même avant le brassard parce que je fais quasiment parti des plus vieux de l’équipe, de ceux qui ont le plus d’expérience donc c’est pour ça que le coach m’a désigné. L’entraîneur me fait confiance, il me voit comme un leader en me faisant passer beaucoup de messages. On a vraiment une bonne relation."

Niort est une équipe assez jeune, quel rôle joues-tu dans le vestiaire du haut de tes 25 ans ?
"J’ai un rôle d’accompagnement, je veux aider mes coéquipiers à grandir sur le terrain et surtout en dehors. On est l’équipe la plus jeune de Ligue 2, je pense que c’est un plus pour nous".

Tu as joué en numéro 6 et aussi en relayeur en ce début de saison. Dans quelle position t’épanouis-tu le plus ?
"Je me sens bien dans les deux postes. C’est vrai qu’en début de saison, j’ai plus joué en 8 parce qu’on jouait à trois au milieu donc c’était pas mal. Et là on est passé à deux au milieu donc j’ai plus un rôle de récupérateur. Ça ne me dérange pas du tout, ce sont deux postes que j’apprécie et tant que je joue ça me va (rires)."

On sent une entente particulière avec Olivier Kemen au milieu de terrain, non ?
"Comme on joue ensemble au milieu avec Olivier, on a une relation spéciale. Ce qu’il fait en ce début de saison, c’est très bien. Et même s’il est bon offensivement et qu’il nous permet de gagner des matchs, il nous aide aussi défensivement donc c’est un joueur extraordinaire pour nous."

On aimerait aussi revenir sur un épisode de ce début de saison : cette fin de match au stade Océane où tu es pris à partie par un supporter. Peux-tu nous expliquer ce qu’il s’est passé ?
"Je suis à la base originaire de Rouen, à 40 minutes du Havre, donc j’avais toute ma famille et mes copains qui étaient venus voir le match. À la fin, je m’approche de la tribune où ils étaient et là un supporter du Havre m’a insulté. Moi je sais qu’en tant que footballeur je ne peux rien faire et après il s’est embrouillé avec ma famille. C’est parti trop loin pour un match de foot. Ce n’était vraiment pas cool…"

Pourtant, Le Havre c’est ton club formateur, tu es arrivé là-bas à 12 ans. Toi qui connais donc bien ce centre de formation, qu’est ce qui fait qu’il est si performant ?
"C’est un centre qui est bien tenu par la direction. Dans mon cas, tous les coachs que j’ai côtoyés cherchaient à nous faire progresser tous les jours. C’est un centre qui travaille beaucoup et notamment humainement. On était suivi afin de devenir aussi des hommes. C’est tout ça qui fait qu’aujourd’hui ça paye pour Le Havre et que ce soit un des meilleurs centres."

"J’ai travaillé pour moi et au final ça a payé"

Lors de la saison 2014-2015, ta première en pro, tu joues 16 matchs avec à la clé la signature de contrat pro et deux sélections en Équipe de France U20 en Mars. Tout s’enchaîne.
"Je ne pensais pas que ça allait aller aussi vite. De base, je ne devais même pas commencer avec le groupe pro, mais un des numéro 6 n’a pas pu aller en stage avec Le Havre donc ils m’ont appelé pour les rejoindre. Et à partir de là, Erick Mombaerts avait bien aimé et c’est de là que c’est parti. Le coach m’a énormément appris sur le monde professionnel parce que j’étais jeune, je découvrais un vestiaire pro. Il a eu un bon suivi et m’a permis de passer un cap."

Toutefois, ta saison 2015-2016 est plus compliquée notamment après janvier où tu joues moins. Pourquoi ?
"Je n’ai pas forcément les explications. Je pense qu’il y avait meilleur à mon poste, le club avait recruté. Après peut être que dans mon comportement je n’étais pas celui que le coach voulait. C’est le monde du football, d’un coach à un autre ça peut changer très vite".

Tu fais alors le choix d’aller voir plus bas avec Avranches. Quel bilan tires-tu de ce passage en National ?
"J’étais encore jeune donc j’avais besoin de temps de jeu et de m’affirmer dans une équipe, ce que je n’arrivais pas à faire au Havre donc je suis parti à Avranches. Je me suis retrouvé entre guillemets dans un club amateur, et là il n’y a que toi pour aller chercher tes objectifs. Personne ne peut t’aider autour. J’avais besoin de me recentrer sur moi même, c’est-à-dire commencer à bosser et être sérieux niveau comportement. On va dire que j’ai réussi à faire une saison cohérente. Malheureusement, j’ai eu une fracture du métatarse qui m’a écarté jusqu’à la fin de saison."

Tu reviens au HAC pour la saison 2017-2018, mais tu ne joues pas du tout. Comment l’as-tu vécu ?
"C’était vraiment très difficile. Comme tous les joueurs qui s’entraînent toute la semaine, tu sais que tu n’es pas plus nul que ceux qui jouent, avec tout le respect que j’ai pour ceux qui jouaient, mais je n’avais pas de temps de jeu. Pourtant je pense que je me donnais à fond, je participais donc je ne comprenais pas. Le coach (Oswald Tanchot ndlr.) ne voulait pas discuter avec moi de ses choix. Après, je respectais et je n’ai rien dit. J’ai travaillé pour moi et au final ça a payé."

À quoi se raccroche-t-on dans ces périodes là ?
"À ma famille et mes agents. C’est mon entourage qui m’a aidé à ne jamais lâcher et à continuer à travailler et pour ça je ne les remercierai jamais assez."

"Je ne suis pas un joueur parfait"

Ensuite il y a donc ce transfert à Niort. Comment s’est-il passé ?
"Le directeur sportif Mickaël Hanouna avait vu mon profil, il était venu me voir sur un match de réserve avec le HAC. Il est venu me parler en disant que je lui avais plu et en me proposant un contrat ici à Niort."

Tu entames ta troisième saison avec Niort. Quels sont tes objectifs personnels pour la suite de ta carrière ?
"Je veux essayer de jouer le plus haut possible. La Ligue 1 serait un bonheur pour moi, mais pas une fin en soi parce que même si je joue en L1 j’aurais toujours des objectifs plus élevés. Aujourd’hui, je bosse. Je sais sur quoi je dois travailler, je ne suis pas un joueur parfait. Défensivement, je dois récupérer plus de ballons et gagner plus de duels. Après offensivement, je dois être plus présent, j’ai marqué un doublé lors du dernier match, mais avant je n’accompagnais pas forcément les attaques. C’est des axes sur lesquels je dois travailler pour progresser."

As-tu eu des sollicitations de clubs de L1 ou à l’étranger cet été ?
"Non aucune, vraiment aucune. Je pense qu’avec la situation actuelle liée au covid c’est plus compliqué pour les clubs de recruter, parce que financièrement ça peut être dur. On verra comment est l’avenir."

Pour finir, on a une petite colle. Pourquoi le club s’appelle les Chamois Niortais alors que les Alpes sont à plus de 700km ?
"Alors l’ancien propriétaire de ma maison m’expliquait un peu pourquoi. Je crois qu’avant dans la ville, on fabriquait de la peau de chamois donc c’est pour ça qu’on s’appelle comme ça. "

Bien joué, il y avait en fait une entreprise à Niort qui s’occupait de traiter les peaux de Chamois, et le fils du directeur de cette entreprise a fondé le club.
"Ah bah voilà j’étais pas loin (rires)."