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Interview - Maxence Lacroix (Wolfsburg) : "J'ai décidé de venir en Allemagne en voyant les défenseurs français réussir" (exclu Madein)

Maxence Lacroix joue ce vendredi soir avec Wolfsburg contre le Werder Brême
Maxence Lacroix joue ce vendredi soir avec Wolfsburg contre le Werder Brême BUNDESLIGA EXCLU MADEIN INTERVIEW

Arrivé cet été à Wolfsburg, Maxence Lacroix (20 ans) fait partie des révélations du début de saison en Bundesliga. Titulaire indiscutable chez les Loups, ce grand défenseur central 1m90 revient avec nous sur ses débuts en Allemagne, son adaptation et son passage à Sochaux. Entretien.


MadeInFoot : Après huit journées de Bundesliga, Wolfsburg est 6ème et toujours invaincu. C’est satisfaisant ?
Maxence Lacroix : Oui, on fait bon début de saison. On applique les consignes du coach donc on est pas mal. Il nous demande de bien presser le porteur, d’être agressif et de jouer avec intensité parce que c’est ce que le championnat demande. On essaye de vite récupérer le ballon et après pour nous défenseurs, c’est plus facile. Le collectif travaille bien donc on mérite.

Vous êtes la meilleure défense, à égalité avec Leipzig, avec seulement cinq buts encaissés en huit matchs. Comment expliques-tu cette solidité ?
On travaille tous ensemble et ça, c’est super important. C’est un travail que font aussi les joueurs offensifs et les milieux en récupérant beaucoup de ballons. Quand tout le monde met la main à la pâte, ça donne ce bon début de saison.

La seule ombre au tableau pour l’instant en ce début de saison c’est l’élimination en Europa League face à l’AEK Athènes...
Oui vraiment ça a affecté le groupe. C’est vrai que de ne pas faire partie d’une compétition européenne c’est difficile pour un club comme Wolfsburg. Après je pense qu’on est rapidement passé à autre chose. On s’est remis à travailler en se disant qu’il fallait maintenant se donner à fond en championnat étant donné que c’est le seul moyen d’accéder à ces coupes européennes. On n’a pas baissé les bras et c’est ce qu’il fait qu’en ce moment on est bien.

Ton premier match officiel avec Wolfsburg c’était justement lors des phases de qualifications face à Kukesi contre qui tu avais marqué. Ça reste malgré tout un bon souvenir ?
J’avais déjà joué trois matchs amicaux dont le premier face à Cologne et une victoire 3-0. Mais oui pour mon premier match officiel c’était beau, j’étais content. Marquer un but pour un défenseur que ce soit en Europa League ou en championnat c’est toujours bien, parce qu’on est pas souvent à la finition. Après sincèrement j’aurais préféré ne pas marquer et qu’on se qualifie. C’est un peu contraignant.

"Je n’attends rien, je travaille pour avoir"

Depuis ce premier match officiel, tu es titulaire indiscutable avec sept titularisations en Bundesliga. T’attendais-tu à jouer autant ?
En fait moi je n’attends rien, je travaille pour avoir ces choses-là. Je ne me suis jamais dit "je vais attendre parce que j’arrive à Wolfsburg, un club prestigieux qui joue l’Europe". Non, je ne me suis pas mis ça dans la tête. Je me suis dit que si je venais ici, c’était pour jouer le maximum de matchs possible et pour apprendre parce que c’est un gros saut par rapport à la Ligue 2. Je suis super content d’être là maintenant.

Qu’est ce que tu as appris alors en ces quelques semaines en Allemagne ?
J’ai déjà appris à être plus régulier et concentré, et ça en commençant par les entraînements. Quand on est dans un vestiaire comme celui-là ça va très vite donc on doit être focus.

C’est un championnat qui correspond à tes qualités.
Oui, j’aime défendre, aller au duel et intercepter. Physiquement je suis assez bon aussi, je vais vite et je saute haut. Et avec le ballon je me débrouille bien pour ressortir les ballons. Je suis assez complet à mon poste, mais comme je l’ai dit je dois encore travailler sur ma concentration.

Tu as été nommé parmi les rookies du mois d’octobre même si tu n’as pas gagné, ça fait plaisir ? C’est une récompense du travail de tous les jours, mais je suis plus collectif. Si j’avais eu cette récompense ça aurait été bien, mais voilà c’est pas quelque chose que je regarde.

"Quand j’ai eu l’opportunité de venir à Wolfsburg je n’ai pas hésité"

C’est signe d’une adaptation express. Comment s’est-elle passée ?
Franchement c’était nickel. Je suis super bien aidé par Joshua (Guilavogui) ou Rouss’ (Roussillon) donc le fait qu’il y ait des francophones dans le vestiaire c’est beaucoup plus facile. Ils m’ont tout de suite mis dans le bain. Pour l’instant je ne sors pas trop avec le covid, mais ils m’ont donné les bonnes adresses pour les restaurants, etc. Ils me traduisent les consignes donc c’est sur que sans eux dans un vestiaire où je n’aurais pas compris la langue ça aurait été plus difficile. Là j’apprends tranquillement l’allemand, c’est important même si c’est pas facile (rires). Mais bon je commence à comprendre les consignes du coach.

Comment est l’entente avec Oliver Glasner ?
J’ai une bonne relation avec le coach, on parle en anglais tous les deux. Il m’aide et me conseille beaucoup notamment sur mon placement et mes sorties de balles. Quand un coach est dans le dialogue, c’est toujours mieux que s’il ne faisait pas attention à toi.

Tu fais donc partie des nombreux Français à avoir rejoint l’Allemagne. Pourquoi les défenseurs français s’amusent-ils particulièrement en Bundesliga ?
Pourquoi, je ne sais pas vraiment (rires). Moi j’ai décidé de venir en Allemagne en voyant justement qu’il y avait les défenseurs français comme Upamecano, Ndicka et surtout Ibrahima (Konaté) que je connais bien, qui réussissaient. On a faim, on a envie de prouver qu’on peut réussir à l’étranger, en dehors de notre zone de confort en France. Donc je me suis dit pourquoi pas moi.

Avais-tu échangé avec Konaté sur ce choix de rejoindre Wolfsburg ?
Non on n’avait pas parlé du transfert, mais bien avant on discutait de l’Allemagne. Je lui posais beaucoup de questions, notamment parce qu’il a aussi joué en L2 comme moi. Je me renseignais sur la différence entre les attaquants, il me donnait des conseils et me disait de travailler sur la concentration parce qu’en Bundesliga ça va beaucoup plus vite. Donc voilà j’ai écouté ses conseils et quand j’ai eu l’opportunité de venir à Wolfsburg je n’ai pas hésité.

Il y avait aussi les intérêts de Lyon et l’Atalanta…
Oui après moi j’ai lu ces rumeurs comme tout le monde. L’Atalanta il y avait quelque chose de concret, mais ça ne s’est pas fait. Il fallait patienter, l’opportunité de venir à Wolfsburg s’est présenté. Je joue donc je suis super content !

"J’ai appris à être un homme à Sochaux"

Dans tous les cas, sentais-tu que tu avais fait le tour à Sochaux ?
Oui, je pense que c’était le moment de quitter Sochaux et d’aller voir ailleurs parce que ça faisait deux ans que j’étais avec les pros. Même si finalement je n’ai pas beaucoup joué en L2, j’avais vu ce que j’avais à voir dans ce championnat donc je me suis dit pourquoi pas un nouveau challenge. Tout humain est comme ça, quand tu réussis quelque part tu as envie de savoir si tu peux le faire ailleurs. Je suis quelqu’un de compétiteur donc j’ai fait le choix de venir relever le défi à Wolfsburg.

Tu retiens quoi de ces cinq années passées là-bas ?
Je suis arrivé en 2015 au centre de formation à l’âge de 15 ans, donc à Sochaux avant d’apprendre à un être un joueur de football professionnel, j’ai appris à être un homme. Et ça, c’est très important. Là-bas, j’ai acquis les bases du haut niveau. J’ai été lancé en pro à 18 ans et tous mes coachs ont été défenseur dans leur carrière donc j’ai toujours eu des conseils précis et spécifiques sur ce poste. J’ai eu tout ce qu’il faut à Sochaux.

Tu gardes encore une attache avec le club ?
Bien sûr, je suis encore dans le groupe WhatsApp par exemple ! C’est une équipe dont je suis encore très proche, j’ai toujours un oeil sur eux et les résultats. Il y a mes amis donc je regarde leurs matchs. C’est le club qui m’a permis de me montrer. C’est grâce à Sochaux que je suis à Wolfsburg actuellement donc je suis obligé.

Tes matchs avec les lionceaux t’avaient d’ailleurs permis de goûter aux Équipes de France jeunes. Malgré tes bonnes performances cette saison, tu n’as encore été appelé avec les Espoirs…
Revêtir le maillot de l’Équipe de France était une sensation incroyable. J’ai eu la chance de participer à l’Euro et au Mondial donc avoir un pays entier derrière toi et le représenter il n’y a rien de plus beau. Revenir en Bleus est un objectif, mais je ne suis pas quelqu’un d’impatient. Je travaille de mon côté et je tente de faire mes meilleures performances en club. Après à force de bons résultats, on regardera ce qu’il se passe par ici. Je prends mon temps et si je dois y être ça sera un plaisir.