LDC - Pourquoi la réforme de la Champions League serait une catastrophe pour la L1

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LDC - Pourquoi la réforme de la Champions League serait une catastrophe pour la L1
Le nouveau format pourrait considérablement impacter le championnat français.

Déjà critiquée pour son manque d'intérêt, la Ligue 1 pourrait être condamnée par le projet de refonte de la Ligue des Champions mené par l'UEFA et l'ECA pour 2024. Ces deux instances souhaitent instaurer une ligue quasi fermée et plus de matchs, une réforme qui bouleverserait l'équilibre du championnat français.

Un vent de changement souffle sur la Ligue des Champions. Inspirées des ligues fermées à l'américaine, l'UEFA et l'ECA (l'association des clubs européens) s'activent pour reconsidérer le système mis en place d'ici 2024. Dans le schéma imaginé par les deux instances, il n'y aurait plus huit groupes de quatre équipes mais quatre groupes de huit :

  • Les quatre premiers de chaque groupe au terme de la phase de poules seraient automatiquement qualifiés pour les huitièmes de finale et pour les phases de groupes de l'édition suivante.
  • Les cinquièmes se qualifieraient pour la phase de groupe de la C1 suivante.
  • Les sixièmes et les septièmes de chaque groupe se disputeraient les quatre derniers tickets qualificatifs pour la Ligue des Champions suivante à l'occasion d'un barrage.
  • Les deux derniers de chaque groupe (donc huit équipes) seraient remplacés par les quatre demi-finalistes de la Ligue Europa et quatre champions de pays qui ne sont pas déjà qualifiés en C 1.

Dès la fin de la phase de groupe, vingt équipes seraient déjà qualifiées pour l'édition suivante, et au total vingt-quatre clubs sur trente-deux seraient donc assurés de disputer la C1, même s'ils n'y parvenaient pas par le biais de leur championnat. En analysant les possibles retombées d'un tel projet, on comprend mieux pourquoi les grosses cylindrées (comme la Juventus et le Bayern Munich) y sont favorables.

D'un point de vue financier, cette réforme serait une aubaine pour les écuries qui y participeraient. Avec la retransmission de 224 matches de poules (au lieu de 96 actuellement) les droits TV de la compétition pourraient augmenter de 40% (3 milliards d'euros par saison). Leurs recettes de billetterie progresseraient de même avec l'organisation de sept matches à domicile contre trois en ce moment. Enfin, en assurant beaucoup plus facilement leur place pour la saison suivante, les clubs auraient la possibilité d'anticiper leurs budgets en amont, séduire de nouveaux sponsors et diminuer les risques financiers en cas de non-qualification en Ligue des Champions via le championnat. Autant d'arguments qui permettraient aux grandes écuries de rassurer leurs investisseurs et de mettre en place des projets moins dépendants des résultats sportifs (comme c'est le cas aujourd'hui).

Cette année le LOSC n'aurait pas eu son ticket

Dans un tel modèle, le deuxième de Ligue 1 ne serait pas forcément qualifié pour la Ligue des Champions. L'exemple du LOSC est frappant : même si les hommes de Christophe Galtier parvenaient à se hisser sur la seconde marche du podium derrière le Paris Saint-Germain cette saison, ils n'obtiendraient pas leur ticket qualificatif. Sauf en cas de première place en Ligue 1, les prétendants à la Ligue des Champions n'auraient plus que deux solutions pour y participer : être impliqué dans le projet dès la première année, en faisant partie du dernier trio qualifié via le championnat, ou bien en atteignant les demi-finales de la Ligue Europa. Cela réduirait considérablement l'attrait de la Ligue 1 puisque les places sur le podium seraient moins désirées.

Si le PSG, Lyon et l'OM y participaient, quels intérêts auraient-ils à gaspiller des forces pour le championnat, alors qu'en finissant dans les cinq premiers de leur poule, ils seraient automatiquement qualifiés pour la saison suivante ? Ces écuries seraient forcément attirées par les gains financiers bien plus importants qu'ils pourraient générer en participant à la Ligue des Champions et délaisseraient la compétition hexagonale. D'autant plus qu'avec l'organisation de 14 journées en phase de groupe (contre 6 actuellement), le calendrier devrait être aménagé pour y insérer huit dates européennes supplémentaires. Une opération qui s'annoncerait comme un casse-tête pour la LFP au vu des difficultés qu'elle connait déjà cette année. De leur côté, les dirigeants des club français ont déjà entamé une révolte et pourront probablement compter sur l'appui des autres écuries européennes oubliées de ce nouveau modèle pour contrecarrer les plans de l'UEFA et de l'ECA.

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