MHSC - Michel Der Zakarian : "Nous aussi on essaie de faire du spectacle" (exclu Madein)


Michel Der Zakarian aborde le début de saison du Montpellier-Hérault.
MHSC - Michel Der Zakarian : 'Nous aussi on essaie de faire du spectacle' (exclu Madein)

Michel Der Zakarian a pu se délecter des petits fours qu'avait préparés le traiteur du MHSC, mardi, lors de la réception organisée par le club pour les shooting photos de ses équipes professionnelles. Désormais, c’est un gros morceau qui attend l’entraîneur Montpelliérain : une semaine à trois matchs, qui se conclura dimanche prochain avec un derby bouillant face à Nîmes, le premier depuis 25 ans en Ligue 1.

Le menu est appétissant pour des Pailladins qui, après avoir raté leur entrée face à Dijon (1-2 lors de la 1ère journée), ont enchaîné quatre matchs sans défaite (deux victoires pour deux nuls). Pourtant, dans les travées de la Mosson, certains s’ennuient ferme et réclament un jeu plus alléchant que celui proposé par la deuxième pire attaque de Ligue 1 à domicile (2 buts en trois matchs). Un problème que Der Zakarian tente de régler avec un effectif renouvelé et qu’il n’a pas éludé, lors des vingt minutes d’entretien qu’il nous a accordées au Mas Saint-Gabriel...


MadeinFOOT : On vous a senti très énervé la semaine dernière après l’égalisation concédée contre Strasbourg (1-1). La tension est redescendue ?
Michel Der Zakarian : "Oui, bien sûr. C’est une erreur qui arrivera encore dans la saison, ce sont des faits de jeu. On est inattentif, tout le monde s’attend à ce que le ballon soit mis dans la boîte, mais non. Ils jouent bien le coup à deux sur le centre, mais, après, on doit être au marquage. Ce sont des détails qui font qu’on prend le but. Il faut être plus attentif et concentré du début à la fin."

D’un oeil extérieur et de manière plus générale, on a l’impression que votre niveau d’exigence s’est élevé cette saison.
"Dans l’approche du métier, il faut chercher à être toujours meilleur, à faire les meilleurs matchs. Que ce soit individuellement ou collectivement, il faut qu’on arrive à être meilleur. J’étais déjà exigeant avec mes joueurs la saison dernière, mais quand tu mènes au score et que tu prends des buts dans les dernières minutes, c’est rageant. Aujourd’hui, on devrait être avec Toulouse, Lille et Marseille (respectivement 4e, 3e et 2e avec dix points, ndlr). Mais là on est deux points derrière..."

Avec deux victoires, deux nuls et une défaite, le bilan de ces cinq premières journées est tout de même satisfaisant du point de vue des résultats...
"Mais c'est ça le problème : on se contente toujours du minimum. Quand on peut prendre des points, il faut le faire ! Les joueurs sont autant déçu que moi, mais on doit être plus rigoureux, plus concentré."

Le club a profité du dernier mercato pour refondre tout son secteur offensif. Etait-ce un souhait de votre part ?
"Oui, on voulait re-dynamiser notre jeu offensif avec de nouveaux joueurs. On voulait aussi le petit (Moussa) Diaby du PSG, mais Tuchel a voulu le garder. C’est un coup qu’on espérait faire aboutir, mais on n’a pas réussi, c’est comme ça."

Vous avez désormais un nouveau trio d’attaque avec Andy Delort, Gaëtan Laborde et Florent Mollet (*). En quoi leurs profils diffèrent-ils de ceux des joueurs dont vous disposiez l’année dernière ?
"On a un peu moins de vitesse de courses avec les joueurs actuels, mais ils peuvent aussi donner de meilleurs ballons, notamment Mollet avec sa qualité de passe."

On voit Delort et Laborde faire beaucoup d’efforts sans ballon. Leur demandez-vous un travail particulier dans le pressing ?
"Pas plus que l’an dernier. En fait, ça dépend d'où on veut récupérer le ballon. On peut le récupérer très haut quand on le perd très haut et qu’on veut une transition rapide vers l'avant. Après, quand le gardien d’en face a le ballon dans les mains, il ne faut pas croire qu’on peut faire un pressing dans le camp adverse et récupérer le ballon à chaque fois ! On joue contre des équipes qui ressortent bien le ballon et on peut se faire prendre dans notre dos si on y laisse des espaces. On n’a pas des joueurs qui vont à 3 000 à l’heure derrière…"

La hargne et la générosité de ces deux attaquants doit en tout cas vous ravir, non ?
"Je n’attends pas d’eux qu’ils soient généreux. C’est une bonne chose, mais ils ne doivent pas se disperser, ni courir n’importe où. Il faut qu’ils fassent un peu moins d’efforts. Parfois, je les vois faire des courses derrière les latéraux adverses, mais ce n’est pas à eux de les faire. Eux, ils doivent contrôler l’axe. Ce sont les autres joueurs qui doivent courir pour eux. Aujourd’hui, le football moderne demande l’implication de tous dans les tâches défensives, mais il y a des zones où ils ont un travail à faire et il faut qu’ils restent dedans."

Son problème extra-sportif (**), fin août, a-t-il perturbé Andy Delort ?
"J’en ai discuté avec lui ; il doit évoluer sur ce point. Il ne doit pas avoir ces problèmes extra-sportifs. Il doit avoir une vie plus tranquille. Il faut respecter l’institution, les partenaires et le club."

Vous attendiez-vous à un meilleur début de saison de sa part ?
"Oui, mais il est tributaire des joueurs qui sont autour de lui. Si on lui donne des bons ballons et qu’il n’est pas efficace, on aura un discours différent sur lui. Là, il n’a pas eu de grosse occasion. Que ce soit lui ou Gaëtan, aucun n’a eu de situation nette devant le but. Si on veut que nos deux attaquants marquent, il faut les servir dans les meilleures conditions. Pour moi, ils ne l’ont pas été pour l’instant."

Le problème vient-il des latéraux, à qui votre système en 5-3-2 offre beaucoup de responsabilités ? Vous avez perdu Jérôme Roussillon au mercato et Ruben Aguilar ne réalise pas le meilleur début de saison de sa carrière.
"Oui, bien sûr, l’animation de nos couloirs doit être meilleure. L’an dernier, on a été bien plus performant dans ce secteur-là, comme au milieu avec Ellyes (Skhiri) et Paul (Lasne), où il est important d’avoir des joueurs qui jouent juste."

Presque un an après l’instauration de votre défense à cinq, vous avez testé un système en 4-4-2 losange contre Strasbourg. Pourquoi ?
"Oui, on a démarré comme ça en début de match. C’était pour voir si on était capable de mieux s’organiser pour poser des problèmes à l’adversaire, mais ça n’a pas été le cas. Ce n’est pas un système plus risqué que les autres, mais il faut bien l’animer, avec et sans ballon."

Le dimanche 30 septembre, Nîmes se présentera à la Mosson pour le premier derby de la saison. Ce sera également votre premier en tant qu’entraîneur…
"Des derbys, j’en ai joués. J’en ai même gagné en marquant ici à Montpellier. On avait gagné 1-0 et j’avais marqué de la tête (le 12 mars 1993, ndlr). Mais on a deux matchs avant ça, contre Nice et à Caen."

Comprenez-vous que l'impatience des supporters se mélange parfois à de la crainte, au vu du bon début de saison des Nîmois ?
(surpris) "De la crainte ? Mais ils sont derrière nous, Nîmes, pour l’instant."

Mais c’est une équipe qui paraît bien rodée, avec une attaque virevoltante (12 buts inscrits, 3e meilleure attaque du championnat, ndlr)...
"Oui, c’est bien… Nous aussi, on essaie de faire du spectacle. Mais, aujourd’hui, on a du mal à bien s’articuler dans notre animation offensive. On va continuer à travailler, persévérer et être meilleur pour gagner le derby. C’est ce que tout le monde attend ici."



(*) l’interview a été réalisée avant la signature de Bilal Boutobba ce vendredi, alors que Petar Skuletic, arrivé au début de l’été, n’a pour l’instant eu droit qu’à deux minutes de temps de jeu.
(**) Andy Delort a été placé en garde à vue dans la nuit du 26 au 27 août après une course-poursuite avec des policiers.

Montpellier

Michel Der Zakarian

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