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Mardi 31 Mars

MHSC - Nordi Mukiele : "Je suis passionné par le foot" (exclu Madein)

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MHSC - Nordi Mukiele : 'Je suis passionné par le foot' (exclu Madein)
Nordi Mukiele s'est confié à MadeinFOOT. MHSC EXCLU MADEIN MUKIELE

Jeudi matin, à Grammont. Nordi Mukiele fait partie des derniers à quitter la pelouse du centre d'entraînement. Avant de nous rejoindre en interview, il discute avec les supporters, leur signe des autographes et prend même le temps de faire quelques selfies avec certains d’entre-eux. Parce qu’il aime ce contact avec le public, mais aussi, peut-être, parce qu’il craint quelque peu l’exposition médiatique et n'est pas forcément pressé de nous voir.

Très rare dans les médias depuis son arrivée à Montpellier en provenance de Laval, l’hiver dernier, celui qui vient de fêter ses vingt ans a pourtant beaucoup de choses à raconter. Son statut d’international Espoirs qui s’étiole, sa montée en puissance de ces dernières semaines, l’ambiance joviale du groupe pailladin, mais aussi ses premières foulées crampons aux pieds et la naissance de sa passion pour le foot, procurée par son père...


MadeinFOOT : Vous avez fêté votre anniversaire mercredi. Une sélection chez les Espoirs serait un joli cadeau de la part du sélectionneur Sylvain Ripoll (*)...
Nordi Mukiele : « Je vais suivre ça. Mais je ne m’attends pas forcément à être pris, parce que ça fait deux fois que je ne suis pas appelé. Je n’y prête pas attention. Je suis avec mon club, je travaille et je me concentre sur ce qui se passera ce week-end. Si je suis appelé, c’est une bonne chose. Sinon, ça veut dire que je dois encore travailler. »

Retrouver cette sélection U21 fait-il partie de vos objectifs cette saison ?
« Oui, parce que j’en ai plein des objectifs ! Retourner en Espoirs en fait partie et ce serait une récompense du travail que j’effectue ces derniers temps. Ce serait un signe positif, mais c’est le sélectionneur qui décide. Moi, je ferai tout pour y être et je vais travailler pour y retourner. »

Cela fait plusieurs années qu’aucun latéral droit ne parvient à s’imposer chez les A. Ce constat vous permet-il d’imaginer, à terme, une potentielle carrière internationale ?
« Franchement, oui, parfois j’y pense. Il faut avoir des objectifs, même les plus compliqués. Je me dis : "Pourquoi pas moi ?" Mais j’en suis encore très, très loin hein ! On verra plus tard. »

On vous voit évoluer tantôt à droite, tantôt dans l’axe. Quel est votre vrai poste ?
« J’ai été formé dans l’axe, puis j’ai fait toute une saison à droite en Ligue 2 (à Laval, ndlr) et j’ai su m’adapter à ce poste-là. Je n'ai pas de préférence, parce que j’arrive à m’adapter aux deux postes, indépendamment du système. »

Cette polyvalence vous a permis d’évoluer à plusieurs postes dans la défense à cinq de Michel Der Zakarian. Comment vous sentez-vous dans ce système ?
« Je n’avais jamais joué dans un système à cinq défenseurs. J’ai réussi à m’adapter à l’entrainement, sur des vidéos et en regardant les placements des autres, pour savoir ce qu’il fallait faire. J’ai pris exemple sur ceux qui étaient à coté de moi, Dan (Daniel Congré) et Vito (Vitorino Hilton). Contre Nice (2-0), j’ai fait un match correct. C’est à moi de confirmer si on me remet à ce poste-là. »

Ces deux postes sont pourtant très différents, notamment dans ce système de jeu...
« Dans l’axe, il faut bien coulisser quand le latéral monte. En tant que latéral, c’est plus compliqué, parce que tout le couloir est à toi. Il faut attaquer, mais aussi défendre, être dans la surface adverse quand il y a un centre de l’autre coté… Ça demande beaucoup d’efforts ! Pour résumer, selon moi, jouer latéral demande beaucoup d’efforts et jouer dans l’axe réclame de la concentration. »

Michel Der Zakarian dit de vous que vous êtes un latéral au profil offensif. Êtes-vous d’accord avec ça ?
« Oui, je suis d’accord avec lui. Quand je suis à droite, je suis plutôt tourné vers l’offensive. Dans le football d’aujourd’hui, les latéraux attaquent plus qu’ils ne défendent. Moi, j’essaie de changer ça, de plus défendre et d’attaquer moins. Le coach me demande de bien défendre, parce que je suis défenseur, et mes coéquipiers me le rappellent aussi. J’essaie de faire les deux, bien défendre et bien attaquer, mais je préfère bien défendre d’abord. »

Dans quel secteur de jeu ciblez-vous vos principales qualités ?
« Dans l’anticipation. J’anticipe beaucoup, même si ça peut me jouer des tours parfois. Je suis aussi plutôt rapide pour un joueur de ma taille (1m85). »

Et vos défauts ?
« Je dirais la concentration, même si j’essaie au fur et à mesure des matchs de régler ça. »

Ce sont justement ces sautes de concentration que Michel Der Zakarian a reproché à certains jeunes de son groupe. Avez-vous pris ces remontrances pour vous ?
« Je préfère, oui, même si ce n’est pas pour moi. Mais si le coach dit ça, je pense que c’est aussi pour moi. On a tous des défauts, c’est comme ça, et c’est à moi de travailler pour les gommer. J’ai aussi fait un tour sur le banc, ça m’a fait réfléchir et j’ai un peu plus travaillé. »

C’est-à-dire ? Concrètement, qu’avez-vous modifié ?
« C’est difficile à dire… J’ai juste plus travaillé. Ce passage sur le banc m’a fait réfléchir et, dans ma tête, je me suis dit qu’il fallait redoubler d’efforts. »

À aucun moment vous ne vous êtes dit que vous ne méritiez pas d’être relégué sur le banc ?
« Non, c’était à moi de travailler ! S’il m’a mis sur le banc, c'est qu’il me manquait quelque chose. Je ne suis pas titulaire indiscutable, je suis un joueur de l’effectif qui essaie de bien jouer et qui s’entraine pour avoir sa place dans le onze. Après, c’est le coach qui décide et c’est à moi de lui compliquer la tâche dans ses choix. »

Êtes-vous allé lui parler pendant cette période délicate ?
« Non, je ne suis pas du genre à aller voir le coach pour demander des explications. C’est lui qui décide, il fait des choix et il faut les accepter. »

Votre avez retrouvé une place de titulaire quand l’équipe tournait bien. Comment lire cette incroyable série, qui plus est face aux gros du championnat (victoires contre Troyes, Nice et St-Etienne, nuls contre Paris et Monaco), après un début de saison mitigé ?
« Je pense qu’on a mérité ça. Les gens ne le savent peut-être pas, mais, à l’entraînement, on travaille énormément ! On a eu une période compliquée. Avant de jouer Paris ou Monaco, je ne vais pas vous mentir, on n’était pas parti pour gagner ou faire match nul. Mais on a su être soudé dans ces deux matchs, pour prendre deux fois un point, puis on a enchainé les performances, les "clean sheets" ("partition propre", match sans encaisser de but), on a battu les gros. Il ne faut pas se relâcher, redoubler d’efforts et faire encore mieux. On est bien classé (9e après 11 journées, ndlr) et j’espère qu’on restera là-haut. »

On ressent une très bonne ambiance au sein du groupe. C’est ce qui vous a permis de tenir malgré les résultats du début de saison ?
« Qu’on soit dans le mal ou dans le bien, il faut toujours rester soudé. Il ne faut pas changer, même si on enchaîne les défaites. Tout le monde s’entend bien dans ce groupe et c’est une bonne chose. Ça se ressent sur le terrain. On a un collectif qui fait qu’on ne lâche pas. »

On vous voit également très proche de certains joueurs, comme Isaac Mbenza, Jonathan Ikoné ou Junior Sambia…
« Oui, on se voit souvent, on est tout le temps ensemble ! On est jeune, on a tous le même délire et moi, je suis content d’avoir des coéquipiers comme ceux-là. »

On a pu voir sur les réseaux sociaux que vous aviez converti toute l’équipe au jeu vidéo Mario Kart...
(Rires) « Oui, on essaie de ramener les anciens comme Vito, c’est bien ! »

Qui est le meilleur ?
« Je ne vais pas vous mentir c’est Jonathan Ikoné, mais il ne faut pas lui dire ! (rires) Il y a Giovanni Sio, aussi, qui se débrouille bien… »

Comment vous est venue la passion du football ?
« Je suis passionné depuis tout petit, grâce à mon papa, qui en faisait aussi. J’ai essayé de le suivre, parce que c‘est mon idole, mon père. Je voulais faire tout ce qu’il faisait. Et puis, je regardais les matchs à la TV, ça m’a donné envie. Mais c’était juste un plaisir de jouer au foot, maintenant c’est mon métier. »

Combien de temps est restée la notion de plaisir ?
« Oh, ça a duré assez longtemps ! Même jusqu’à mes 16, 17 ans, je ne pensais pas du tout à devenir professionnel. Je voulais juste kiffer ce que j’étais en train de faire, faire quelque chose que j’aime bien. Et puis est venu le moment où j’ai eu ma chance. Là, je me suis dit que ce serait bien de faire mon métier avec quelque chose que j’aime. J’ai signé à 17 ans mon premier contrat pro (à Laval, ndlr) et j’en suis très content aujourd’hui. »

Beaucoup de joueurs confient qu’en dehors de leurs matchs et des séances vidéos qu’on leur impose, ils ne s’intéressent pas au football et souhaitent couper avec cet environnement. Êtes-vous dans ce cas-là ?
« Non, moi j’adore le foot. Je regarde les matchs. Peu importe lesquels, je regarde tout. Quand je rentre chez moi, j’allume la TV et je regarde le foot. Je ne me déconnecte pas trop… »

Aviez-vous d’autres plans de carrière avant de vous lancer dans le football ?
« Avant le foot, je voulais être stewart ! Ça me plaisait bien… Ça pourrait être une reconversion, pourquoi pas ? »

Avez-vous joué à d’autres postes étant plus jeune ?
« Oui ! J’ai joué milieu droit, milieu défensif, arrière gauche, milieu gauche… Mais pas attaquant de pointe, je n’ai jamais été un grand buteur ! » (rires)

Vous êtes né à Montreuil, en région parisienne. Cela fait-il de vous un supporter du PSG ?
« Non, pas du tout. »

Y a-t-il un club que vous suiviez plus que d’autres ?
« Oui, Bordeaux ! J’aimais bien ce club, l’équipe qu’il y avait, l’entraîneur. Ça peut paraitre surprenant, mais j’aimais bien. C’était la période Gourcuff-Chamakh. Je ne les suis plus trop maintenant. »

Quel est le championnat ou le club qui vous attire en Europe ?
« L’Angleterre, avec Chelsea. »

Un joueur que vous admirez, ou auquel vous vous identifiez ?
« J’aimais bien John Terry, mais il est parti depuis (il évolue à Aston Villa en D2 anglaise, ndlr). Sinon, en Espagne, il y a un joueur que j’admire : Sergio Ramos. »

Êtes-vous sensible à l’actualité qui vous concerne, aux critiques de la presse ?
« Non, je n’y prête pas attention. Je regarde l’actualité sur Twitter, mais je ne vais pas spontanément regarder ce qui se dit sur moi. Je revois mes matchs, mais je ne regarde pas les notes. C’est à moi de juger si je fais un bon ou un mauvais match. Mon père me le dit aussi ; il regarde tout à la TV et me fait un débriefing après. » (rires)

Vous ne prêtez même pas attention à ce qui peut se dire sur votre avenir ?
« Je ne regarde pas non plus. Ça ne me concerne pas et je suis très bien à Montpellier. »

Vous vous imaginez ici encore longtemps ?
« Oui. Je suis bien, on me fait confiance, la ville me plaît, les gens me plaisent, il y a un bon cadre et pour moi, c’est un bon endroit pour continuer à progresser. »


(*) l’interview a été réalisée jeudi matin, quelques heures avant l’annonce de la liste, dans laquelle Nordi Mukiele ne figure pas.