P.League - Les cartes du football européen redistribuées par le Brexit ?

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P.League - Les cartes du football européen redistribuées par le Brexit ?
Le football anglais pourrait connaître une nouvelle révolution avec le Brexit...

Le Brexit voté ce matin en Grande-Bretagne pourrait avoir de lourdes conséquences sur le foot anglais et son championnat phare : la Premier League. A plus grande échelle, c'est tout l'échiquier du football européen qui s'apprête à un grand chamboulement. Explications...

Ce sont les six lettres les plus prononcées, les plus écrites, les plus pianotées du jour : BREXIT. La sortie du Royaume-Uni de l'Union Européenne, annoncée ce matin à la suite du référendum organisé derrière la Manche, a provoqué un gigantesque ras-de-marrée médiatique partout en Europe, où l'on se demande quelles seront les conséquences du repli britannique. La planète football, elle aussi, est en train d'en mesurer l'impact...

Bien sûr, c'est en Premier League que le Brexit va avoir le plus d'effet. Actuellement, les joueurs provenant des pays de l'UE peuvent exercer librement sur les pelouses anglaises. À l'avenir, ils seront considérés comme extra-communautaires et leur nombre sera limité dans chaque club. Ils devront aussi obtenir un permis de travail, dont les conditions d'obtention sont particulièrement difficiles à remplir...

Kanté, Martial et Cabaye renvoyés à la frontière ?

Ainsi, le joueur d'un pays faisant partie des 10 meilleures nations au classement FIFA devra avoir joué au moins 30% des matches de sa sélection sur les vingt-quatre derniers mois. Pour une nation classée entre la 11e et la 20e place, le pourcentage passe à 45%, puis à 60% de la 21e à la 30e et 75% de la 31e à la 50e. Au-delà de la cinquantième place, une nation ne pourra pas placer de joueur en Premier League. Pour exemple, ce système empêcherait le bulgare Dimitar Berbatov de faire son retour sur les vertes pelouses anglaises !

Qui des tricolores évoluant en BPL ? La France étant classée au 17e rang à la FIFA, seuls les joueurs ayant participé à 45% des matches des Bleus sur les deux dernières années pourraient encore exercer dans leurs clubs respectifs. Si les Giroud (73%), Lloris, Sagna (62%), Sissoko, Payet (58%) et autre Koscielny (54%) n'ont rien à craindre, Cabaye, Martial (42%), Schneiderlin (35%), Kanté (23%) ou encore Mangala (8%) pourraient être priés de faire leurs valises.

La Premier League a réagi

Une bonne nouvelle pour les autres championnats, et plus particulièrement la Ligue 1 ? Pas forcément... Tous ces joueurs pourraient, certes, revenir évoluer dans l'Hexagone, pour le plus grand plaisir des observateurs du championnat de France, mais il convient de noter que les clubs de Premier League, dotés de moyens financiers boostés par les sept milliards de droits TV négociés sur la période 2016-2019, sont les premiers pourvoyeurs de fonds des écuries françaises, où il n'hésite pas à venir piocher les meilleurs joueurs contre des chèques astronomiques. Un appauvrissement de la Premier League représenterait donc, à court terme, une mauvaise nouvelle pour la santé financière de la Ligue 1.

Qu'on se le dise, le Brexit pourrait bien redistribuer les cartes du football à l'échelle européenne. Mais du côté de la Premier League, l'heure n'est pas encore à l'inquiétude et c'est ce qu'on a voulu prouver par le biais d'un porte-parole, interrogé par Reuters. "La Premier League est une compétition sportive bénéficiant d’un énorme succès et qui a un fort attrait national et mondial. Cela continuera d’être le cas, quel que soit le résultat du référendum. Étant donné le caractère incertain de ce que le paysage politique et réglementaire pourrait être après le vote en faveur de la sortie de l’UE, inutile de deviner ce qu’il adviendra jusqu’à ce la situation soit plus claire", a-t-il relevé. "De toute évidence, nous allons continuer à travailler avec le gouvernement et d’autres organismes quels que soient les résultats de tout ce processus."