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Reims - Virgile Piechocki nous raconte son parcours atypique (exclu Madein)

Virgile Piechocki, ici lors du derby de Champagne sur la pelouse de Troyes.
Reims - Virgile Piechocki nous raconte son parcours atypique (exclu Madein)

De plus en plus utilisé par Michel Der Zakarian sur cette fin de saison, Virgile Piechocki commence à se faire un nom au Stade de Reims. La suite logique d'un parcours que le jeune milieu de terrain n’avait même pas entamé, il y a encore quelques mois, et qu’il nous a retracé dans une interview des plus rafraîchissantes !

Du CA Pontarlier au Stade de Reims, des soirées étudiantes de Besançon au derby de Champagne. Voilà comment on serait tenté de résumer le parcours de Virgile Piechocki, jeune milieu de terrain (20 ans) du club champenois, sur les dix-huit derniers mois. Devenu exceptionnel à une époque où les carrières des footballeurs commencent de plus en plus tôt, il mérite tout de même de s’y intéresser de plus près… Tout a commencé au début de la saison 2015-2016. À l’époque joueur des U19 Nationaux de Pontarlier, il dispute un premier match de championnat contre l’Olympique Lyonnais. « C’était comme une révélation », nous raconte-t-il. « Je ne me sentais pas inférieur aux autres, voire même un peu au-dessus ! » La résultante d’un travail physique entamé au cours de la saison précédente, qui lui a permis de combler un déficit dans l’impact qui lui manquait pour s’imposer à ce niveau.

En parallèle, le jeune homme de 18 ans vient de s’inscrire en STAPS, à la fac de sports de Besançon. Là-bas, il découvre la vie d’étudiant, se dégotte un petit job au magasin de sport tenu par son entraîneur, s’émancipe et savoure ce qu’il croit alors être le début d’une aventure de plusieurs années, lui qui a pour projet de valider une licence en entraînement sportif. « Je profitais vraiment de la vie », résume Piechocki. Mais au mois d’octobre, un match de championnat entre Pontarlier et le Stade de Reims va changer le cours de sa carrière. « On avait perdu 5 à 1 et j’avais joué une soixantaine de minutes », se souvient-il. « À la fin du match, Franck Chalençon (l’entraîneur des U19 du SDR, ndlr) vient voir mon coach pour lui dire qu’ils veulent me faire passer un essai. » Dès lors, tout s’accélère.

Quelques jours plus tard, Piechocki part pour deux jours à Reims, où son essai s’avère concluant, au point que David Guion, le directeur du centre de formation, lui propose de s’engager en convention pour dix-huit mois. « J’ai un peu réfléchi », avoue le milieu de terrain, que St-Etienne, Sochaux et Auxerre courtisaient également à l'époque. « Je ne voulais pas laisser tomber mes partenaires. Mais après avoir parlé avec eux, ils m’ont dit que c’était une chance énorme et qu’il fallait y aller. J’ai pris ma décision fin décembre et signé en janvier. » L’objectif qui lui est fixé est alors de s’acclimater sur la deuxième partie de saison 2015-2016, afin de débuter la suivante dans les meilleures conditions. « Au début, c’était compliqué pour moi de prendre le rythme d’un club professionnel. Ça n’avait rien à voir avec Pontarlier… »

En une semaine : un contrat pro et une première en L2

Piechocki se contente alors de quelques bouts de matchs avec la réserve, qui passe du CFA 2 au CFA en 2016-2017. Loin de baisser les bras, il profite pleinement d’une expérience qu’il n’aurait jamais pensé vivre quelques mois en arrière. Au bout de quelques matchs, il s’impose comme un cadre de la réserve rémoise, tape dans l’oeil des adjoints de l’équipe première, qui remontent leurs impressions à Michel Der Zakarian. L’ancien coach du FC Nantes commence à l’intégrer à ses séances d’entraînement mi-décembre et en janvier, il y participe quasiment systématiquement. « Je sentais que je progressais, donc je pensais déjà un peu plus à côtoyer le milieu pro… » Un sentiment partagé par ses dirigeants, qui lui ont offert son premier contrat professionnel le mois dernier (pour un an et demi), avant même sa première apparition en Ligue 2. Celle-ci est arrivée quelques jours plus tard, à l’occasion d’un déplacement à Niort. « Le coach m’a annoncé ça la veille du match, le jeudi après l’entraînement. Je ne m’en doutais pas du tout ! J’y pensais deux, trois semaines avant et ça ne s’était pas fait. Ça s’est fait quand je m’y attendais le moins ! »

Ses entrées à jeu à René Gaillard (11 minutes), puis contre Orléans (34 minutes) et à Troyes (44 minutes) ont confirmé la bonne impression qu’il laissait aux entrainements. « Une fois sur le terrain, j’oublie tout, je n’ai aucune pression. En fait, c’est plutôt le contexte autour du match qui me fait réaliser que c’est un autre monde… », explique celui qui figure encore dans le groupe de Der Zakarian pour la réception d’Amiens, ce soir (38e journée de L2). « Mon parcours atypique est un avantage, dans le sens où j’ai de la fraîcheur mentale par rapport à des jeunes issus de centres de formation, qui ont été coupés de leur famille depuis leur adolescence. Moi, j’étais avec ma famille, mes amis, et puis j’ai eu cette chance-là. Je n’ai rien à perdre en fait ! Je me souviens, en fin de saison dernière, tout le monde appréhendait : "Qu’est-ce qu’ils vont faire de nous ? Est-ce qu’on va rester ici ? Est-ce qu’on va signer ?" Tout le monde était stressé, moi non. Dans le pire des cas, je ne perdais pas grand chose : un an et demi plus tôt, j’étais encore à la fac ! » Au vu de cette ascension fulgurante, on serait tenté de parier que Virgile Piechocki aura encore bien évolué dans dix-huit mois. Et qu’il n’y aura plus besoin de le présenter.

Reims Piechocki

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Ligue 2

Stade de Reims

Dernier match - L2 - 19/05 20h30 Reims 1-2 Amiens

Virgile Piechocki

Âge : 20 ans

Poste : Milieu

Pays : France

Club : Reims