Tours - Distel Zola, le parcours du combattant


Distel Zola, sous les couleurs du Havre face à son ancien club de Monaco, en 2012.
Tours - Distel Zola, le parcours du combattant

Joueur du Tours FC en National depuis cet été, Distel Zola (29 ans) est revenu sur sa carrière mouvementée, de ses débuts plombés à Monaco à son passage compliqué en Turquie, en passant par quelques expériences plus heureuses en Ligue 2.

Il y a tout juste dix ans, il faisait ses premiers pas à Monaco avec l’étiquette d’espoir. Distel Zola, issu de la même génération de jeunes joueurs que Yannick Sagbo et Nicolas Nkoulou notamment, terminait sa formation sur le Rocher, entamée à l’âge de 14 ans, pour prétendre à une carrière en Ligue 1, voire plus haut. Mais au moment où il touchait son rêve du doigt, deux blessures sont venues le stopper net. "À 19 et 20 ans, je me suis fait les ligaments croisés, à droite et à gauche", raconte avec beaucoup de recul le milieu de terrain, aujourd’hui âgé de 29 ans. "Ça m’a empêché de débuter vraiment à Monaco."

Le temps de se remettre, le congolais a compris qu’il lui serait difficile de revenir si facilement dans un effectif de Ligue 1 et a choisi d’aller s’aguerrir à l’échelon inférieur, en prêt à Laval pour la saison 2010-2011. "Ça m’a montré ce qu’était le haut-niveau", explique Zola, dont le court passage en Mayenne a vite relancé sa carrière. Mais là encore, tout ne s’est pas passé comme il l’aurait souhaité. "Quand je suis revenu à Monaco (à l’été 2011, ndlr), le club était en pleine transition avec sa descente en Ligue 2. Plusieurs joueurs ont été placés sur la liste des départs, dont moi, et j’étais à la cave pendant la préparation."

Le Havre, ses meilleures années

Quand il a rejoint Nancy pour trois saisons, il n’était donc pas dans les meilleures conditions et sa découverte de la Ligue 1, à 22 ans, n’a pu se résumer qu’à une entrée en jeu de huit minutes contre St-Etienne. Une blessure aux quadriceps, quelques jours plus tard lors d’un match de Coupe de la Ligue, est ensuite venue lui rappeler que rien ne lui serait donné pour percer au plus haut-niveau. "Quand je suis revenu fin novembre, c’était dur pour le coach (Jean Fernandez, ndlr) de me faire jouer, donc je lui ai dit que je voulais partir en janvier."

Le Havre, qui le suivait depuis sa bonne saison à Laval, est alors venu aux renseignements et l’a convaincu de venir en prêt, puis de s’engager définitivement à l’été 2012. "La moitié de saison s’était bien passée et j’ai signé trois ans de plus", raconte-t-il. "Je pense que mes années au Havre étaient les meilleures de ma carrière. On avait une belle génération avec Benjamin Mendy, Riyad Mahrez, Walid Mesloub, Brice Samba, Jonathan Rivierez, Maxime Le Marchand…"

Un passage compliqué en Turquie

Et puis, un nouveau coup du sort est venu contrarier les plans de Distel Zola. À l’été 2014, Christophe Maillol projette de racheter le HAC et d’y faire venir de grands noms (Adriano, Simao…). L’imposture ne dure que quelques mois, mais Zola n’a pas attendu pour prendre la décision de quitter le club doyen. "C’était de l’escroquerie. Ils sont venus et n’avaient rien, mais ils ne comptaient pas sur moi", admet-il. "C’est à ce moment-là que Châteauroux est venu. Je m’y suis engagé trois ans." Souvent pris par sa sélection, l'international congolais vit alors une saison éreintante et ne parvient pas à sauver la Berrichonne de la relégation en National. "Je sortais d’une saison difficile et j’avais envie de changer d’air, j’en avais besoin."

C’est alors qu’il décide de s’engager à Samsunspor, en deuxième division turque. Et là encore, tout ne se passe pas comme prévu. "Le coach qui m’a fait venir a été évincé au bout de deux matchs ! Ç’a été plus compliqué avec le nouveau coach, mais je me suis accroché et j’ai fait toute la première partie de ma deuxième saison là-bas. Puis, il y a encore eu un changement de coach et je n’ai plus joué." Son contrat terminé, l’ancien Monégasque s’est alors retrouvé sans club durant toute la saison 2017-2018. "Ce serait mentir de dire que je n’ai pas douté à ce moment-là. Mais j’étais déterminé, ma famille m'a soutenu et, même quand c’était dur, je n’ai pas lâché."

Tours, le rebond

Après une année à s’entraîner avec son préparateur physique personnel Karim Lecannellier et la CFA de l’AC Boulogne-Billancourt, où il réside, Zola a finalement vu Tours, tout juste relégué en National, lui offrir la possibilité d’un rebond, à 29 ans. "Je ne suis pas encore à mon maximum", confie-t-il, alors qu’il a déjà joué onze matchs depuis son arrivée (tous en tant que titulaire) en attendant celui de ce vendredi soir contre Rodez (11e journée). "D’ici janvier, je serai mieux. Le rythme revient et j’ai encore des sensations à retrouver. Mais je suis déjà très content d’en être là."

Une satisfaction d’autant plus grande au regard de son parcours semé d’embûches depuis ses débuts en 2008. "Avoir eu les doubles croisés, ça m’a beaucoup freiné. En plus, je les ai eus très jeune. Je ne m’en suis pas rendu compte sur le moment, mais aujourd’hui, avec le recul, je sais que c’est ce qui m’a empêché d’avoir la carrière que j’aurais voulu avoir", reconnaît-il. "J’aurais aussi pu basculer dans le bon sens quand j’étais au Havre et prendre le même wagon que les Mahrez, Mendy, etc… Être encore un joueur pro avec ce qui m’est arrivé, j’en suis fier, mais je ne peux pas dire que je suis heureux, content d’en être là où je suis. J’ai encore envie de voir plus haut et j’ai une force mentale qui peut m’emmener plus haut. Ce n’est pas fini."

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