22 Juillet 12h05
L'Italie fait-elle toujours rêver ?
En 2006, l'Italie remporte la Coupe du Monde en Allemagne. Quelques mois plus tard, c'est le Milan AC qui décroche la Ligue des Champions, puis la Coupe Intercontinentale, intronisant définitivement le football italien au sommet du monde. Deux années plus tard, que reste-il de la gloire d'un football encore sous le choc du scandale Calciopoli ?
"Le football italien est mort ce 25 juillet 2006". C'est ce qu'avait déclaré, à l'époque, le président du Comité Olympique National Italien (CONI) Gianni Petrucci. Ses propos, aussi violents soient-ils, semblent alors sonner comme une prémonition. Ce jour là, suite au scandale des matches truqués, la Justice Sportive relègue en Serie B la Juventus de Turin, et administre respectivement 8, 11, et 19 points de pénalisation au Milan AC, à la Lazio de Rome et à la Fiorentina. Les titres de Champion d'Italie remportés par la Vieille Dame en 2004-05 et 2005-06 sont quant à eux révoqués. Tremblement de terre dans le football mondial. Calciopoli marque le premier exode de certains grands joueurs vers d'autres cieux. Cannavaro, Thuram et Emerson émigrent en Espagne, Schevchenko en Angleterre, Rui Costa au Portugal, Stam aux Pays-Bas. Sans la Juventus, et avec un Milan pénalisé, le championnat 2006-07 est sans grand intérêt, et on assiste à la domination quasi-ridicule de l'Inter, qui remporte le titre avec un record de 97 points.
Avec le retour de la Juventus en Serie A la saison suivante, parallèlement à celui d'équipes mythiques comme le Napoli ou le Genoa, le championnat italien retrouve un peu de sa superbe. Pourtant, certaines stars semblent en perte de vitesse, et commencent à regarder d'un œil envieux ce qui se passe en Espagne ou en Angleterre. Preuve irréfutable de cette pente descendante, seule une seule équipe italienne (la Roma) atteint les quarts de finale de la Ligue des Champions, avant de se faire éliminer par Manchester United, futur vainqueur de la compétition. "Erreur de parcours", "mauvaise année" se dit-on alors de l'autre côté des Alpes. Des suppositions confirmées par les piètres performances de la Squadra Azzurra lors de l'Euro 2008, éliminée en quarts de finale par l'Espagne. "Il faut donner une secousse au football italien" s'insurge le Président de la Lega Calcio Antonio Matarrese. Les grands clubs entendent la requête et font alors des pieds et des mains pour recruter des grands noms. L'Inter frappe un grand coup en enrôlant l'entraîneur José Mourinho. Objectif affiché : remporter la Ligue des Champions. Les cousins du Milan AC ripostent avec l'arrivée de Ronaldinho et le retour de Schevchenko. La Roma s'attache les services de Julio Baptista, et la Juventus d'Amauri.
Mais une nouvelle fois, la Serie A 2008-09 séduit peu les foules, et l'attention se focalise sur le fabuleux FC Barcelone ou sur la course effrénée entre Manchester Utd et Liverpool. Le Calcio tombe dans l'oubli, et le nouveau fiasco en Ligue des Champions ne fait qu'entériner cette descente aux enfers. Aucun club italien ne se qualifie pour les quarts de finale et, comble de l'humiliation, leurs trois représentants sont éliminés par trois clubs anglais. Malgré l'explosion de quelques nouveaux talents comme Mauro Zarate (21 ans, Lazio de Rome), Robert Acquafresca (20, Cagliari) ou Davide Santon (19, Inter), le championnat italien déçoit à nouveau. L'équipe nationale a l'occasion de briller lors de la Coupe des fédérations pour redorer son blason. Mais, d'abord battue par l'Egypte (0-1), elle subit une véritable leçon de football du Brésil (0-3), ne laissant pas augurer un avenir radieux à un an de la Coupe du Monde.
L'Italie peut-elle remonter la pente? La domination du football anglais et espagnol est telle qu'il semble difficile de retrouver les cieux dès la prochaine saison. Le départ de Kakà pour le Real Madrid ne fait que mettre le doigt sur le problème majeur : jouer en Italie ne fait plus rêver. L'Inter de Milan, quadruple champion en titre, a pourtant mis les bouchées doubles pour combler le gouffre qui est en train de se creuser. Après avoir fait signer Diego Milito et Thiago Motta (Genoa), les Interistes ont enrôlé le défenseur brésilien Lucio (Bayern Munich). L'échange entre Ibrahimovic et Eto'o est quant à lui imminent, tout comme l'arrivée de Luis Fabiano au Milan AC. Mauro Zarate, la petite perle argentine, a quant à lui jurer fidélité à la Lazio de Rome malgré les offres de toute l'Europe, et Diego (Werder Brême) a rejoint la Juventus. Cela suffira-t-il? Le football italien peut-il définitivement oublier le scandale de Calciopoli, et redevenir, comme il y a quelques saisons, le plus beau championnat du monde? Réponse (et coup d'envoi) le 23 août prochain !
Eric Maggiori,
MadeInFOOT.com
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